Rentrée 2020 et premier portable… des parents témoignent !

Rentrée 2020 et premier portable… des parents témoignent !

#pratiquesnumeriques

Petit tour des pratiques et des idées à retenir des autres parents
Photo by Isi Parente on Unsplash

Le premier portable, c’est un peu comme le premier baiser. Un tout petit truc qui vous fait changer de vie. Pour les parents, l’espoir d’avoir toujours l’enfant sous la main, à portée de voix et la crainte, immense, qu’il se perde dans la forêt numérique. Pour l’enfant, c’est juste normal… Mais ça change tout quand même.

En moyenne, en France, le premier portable arrive à l’entrée en 6ème. Le collège n’étant plus au coin de la rue, on s’inquiète des distances, des horaires, on veut qu’il ou elle reste « joignable ». C’est donc à 11 ans et quelques mois, que la plupart des jeunes reçoivent leur premier équipement. Et ce n’est jamais neutre. Car après les glorieuses années de l’Internet perçu comme une vaste bibliothèque où tout un chacun allait pouvoir se cultiver… Nous avons déchanté. Le digital nous ressemble : on y trouve de tout. Du bon, du très bon et du danger derrière chaque bosquet. D’autant que nos enfants y passent un temps considérable. Les études et notamment celle de l’Association pour l'amélioration de la Vue (AsnaV) qui a publié son 15ème baromètre de la santé visuelle, réalisé en avril 2019 auprès de 833 personnes et 309 jeunes âgés de 16 à 24 ans dans toute la France, montrent que les jeunes utilisent, en moyenne, leur téléphone 4 heures 36 par jour avec une amplitude qui peut aller selon les cas de 3 à 7 heures et une frénésie qui peut atteindre 120 consultations par jour. Dans ce contexte, on peut se demander s'il est légitime de vouloir équiper son enfant d'un portable. 

Les parents s’organisent pour mieux encadrer leurs enfants sur le smartphone

Outre la question du temps passé sur les écrans, la situation des ados est particulière. Car «c’est une période charnière », selon Marie-Hélène Grosbras, chercheuse en neurosciences récemment interrogée par le Huffpost. On manque encore de recul sur les effets de ce que les Américains appellent maintenant l’hyper vie digitale, où l’on passe autant de temps en ligne, dans des mondes virtuels que les pieds sur terre. Mais des chiffres sur la baisse des capacités cognitives, et la déprime associée à cet univers de jugement permanent que sont les réseaux sociaux… ont de quoi inquiéter.

En France, Justine Atlan la directrice générale de l’association e-Enfance (association de protection des mineurs sur internet) conseille aux parents de ne pas équiper trop tôt leurs enfants de smartphone (pas avant la 4ème) et rappelle que l'âge légal pour ouvrir un compte sur les réseaux sociaux est de 15 ans. Aux Etats-Unis, un mouvement milite pour son son interdiction avant 14 ans (Wait until 8th). Mais il est souvent  difficile de laisser l’ado sans téléphone quand tous ses amis en ont. En France, les parents, désormais plus conscients des enjeux de cette vie connectée, peaufinent leurs stratégies. On fait le point…

1/ Le retour du mobile qui ne fait que téléphone

Avant d’être smart, le téléphone servait à passer et recevoir des appels. « J’ai équipé mes deux enfants d’un téléphone qui ne fait que voix et messages et c’est parfait », explique Béatrice E, mère d’un fils qui entre en sixième et d’une fille en 5ème . Pour la connexion, c’est l’ordinateur familial au milieu du salon. Eric et Célia, tous deux cadres sup leur ont donné un vieux portable avec un forfait sans 4G et ni data à Benjamin, 12 ans et Capucine, 10 ans. Et ça marche incroyablement. Marie, entrepreneuse, trois fils de 15 à 19 ans,  débranche le Wifi pour toute la maisonnée à 23 heures. Partout, les parents tâtonnent. Ils encadrent sans vouloir couper leurs enfants des possibilités du Net…

2/ Le smartphone sous contrôle

« La surveillance de la consommation internet de mes filles (13 et 14 ans) est une immense charge mentale et une tension permanente », reconnaît Stéphanie, professeur à Marseille. Alors elle a décidé  d’installer un contrôle parental. « Car c’est inhumain de devoir surveiller ses enfants soi-même. C’est un peu comme si on devait le verbaliser toute la journée. Alors j’ai préféré mettre un radar, un contrôle parental qui définit des règlesrenchérit Stéphane, en recherche d’emploi, père de deux ados. On définit un temps d’écran par jour et les sites interdits. Après je ne vérifie jamais dans le détail ».

Beaucoup de parents et notamment les pères mettent en place ces contrôles. Il en existe de différents types et permettent de sécuriser le périmètre de navigation des enfants, mais aussi de vérifier leur temps d’écran (voir ici l'article sur le contrôle parental). Mais pour que cela marche, il faut proposer d’autres activités et montrer l’exemple. « Mes parents me disent de ne pas traîner sur les réseaux sociaux et je les vois en train de mettre des likes sur Facebook toute la journée », ironise Gabriel, 15 ans.

3/ Le contrat et l’espoir d’une nouvelle génération plus avertie

Pas mal de parents s’en tiennent au contrat verbal avec l’enfant. Luc, chiropracteur en Seine et Marne avait évité d’équiper le fiston à l’entrée en 6ème et il en souffrait, puis il avait installé un fort contrôle parental. Et là, nouvelle crise. L’enfant se sentait « surveillé ». Finalement, « on a beaucoup parlé, pour passer du contrôle des sites au contrôle du temps sur écran. J’ai limité à deux heures par semaine de connexion » et à 12 ans, il a compris. « Je pense que cette génération là, la Z, est encadrée par des parents qui sont revenus de la folie technologique et ont envie de se reconnecter, des parents qui connaissent les dégâts de l’hyper connexion et sont la nouvelle sagesse »… Well, well.

Il est probable que nos enfants seront comme nous plein de contradictions : tout à la fois avertis et happés par le vertige de la vie digitale.

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