Cocon numérique : se rappeler que vous n'êtes pas seuls

Cocon numérique : se rappeler que vous n'êtes pas seulsPublié le : 15-12-2020

#inclusionnumerique

Un coup de blues, voire un peu plus ? Alors que les langues se délient sur les troubles de la santé mentale, éclosent en ligne des oasis pour discuter, s'inspirer, comprendre...
Joern Rynio by Plainpicture

On a beau essayer de regarder la vie du bon côté, 2020 n'a pas été des plus tendres. Les indicateurs de la santé mentale après deux confinements sont bas, avec une augmentation de l'anxiété, de la dépression, des troubles du sommeil... Selon une enquête du Monde, qui cite l'enquête nationale CoviPrev, le taux des états dépressifs était de 21 % à la mi-novembre, soit deux fois plus que fin septembre. « À titre de comparaison avec la période antérieure à l'apparition du Covid, 10 % de la population a vécu un épisode dépressif dans l'année précédente (selon la dernière enquête menée en 2017) », précise le journal.

Ajoutez à cela la perspective de fêtes de Noël parfois fatigantes, sous pression ou solitaires, il est normal de se sentir à plat.

Si le pot de glace vanille-noix de pécan et un film régressif ne suffisent plus, n'hésitez pas à demander de l'aide. Vous n'êtes pas seuls, et de nombreux réseaux sont mis en place pour soutenir les individus dans leurs passages à vides, et traverser ces moments de vie.

Les groupes Facebook : pour partager son expérience

Sur le groupe Facebook Soutien santé mentale , ils sont 3700 à partager leurs expériences et leurs ressources. Créé en 2018, le groupe francophone est un cercle d'entraide « dédié aux personnes ayant des difficultés à gérer leurs émotions ». On y partage des conseils pour exprimer ses émotions, des messages d'encouragement, des citations inspirantes, des événements liés à la santé mentale ou à la psychologie ou des messages de découragement ou d'appels à l'aide. Un espace sans jugement pour trouver des oreilles attentives et des personnes qui comprennent les épreuves par lesquelles vous passez.

Instagram : pour mettre en mots son mal-être

Si l'anxiété et la dépression sont le mal de notre génération, cette dernière a aussi délié les langues sur le sujet. Ainsi sur des plateformes comme Instagram, des personnalités atteintes de ces troubles racontent leurs quotidiens, mettent en mots leur mal-être et échangent avec leur communauté. Ainsi du compte The Depression Project, un compte en anglais au près de 1 millions d'abonnés lancé par deux frères australiens, l'un anciennement atteint de dépression et l'autre thérapeute. Avec des mots simples et pédagogues, ils expliquent ce que l'on ressent lorsque l'on est atteint d'anxiété, ce qu'est de minimiser la dépression de quelqu'un ou comment prendre soin de soi-même.

Côté français, on trouve Théo Grosjean, ou « l'homme le plus flippé du monde », qui partage à ses 134 000 abonnés ses angoisses et obsessions dans des bandes dessinées drôles et brutalement honnêtes, ou Balance ta Peur, qui célèbre la vulnérabilité.

On peut aussi citer l'illustratrice brésilienne Marcela Ilustra, le terriblement attachant et timide personnage de Sarah Andersen ou encore les si humains dinosaures déprimés. En fait, pléthore de comptes parlent du mal-être de leurs auteurs avec bienveillance, mélancolie et humour. Et c'est peut-être ça qui fait le plus de bien... se rappeler que l'on est pas seul et qu'on peut en parler.

Les jeux vidéos : pour faire marcher son empathie

Avec leur capacité d'immersion, les jeux vidéos ont un potentiel empathique intéressant pour mieux comprendre les maux et états par lesquels passent les personnes atteintes d'états dépressifs. Ainsi d'Elude, un « serious game » (un jeu pédagogique autant que ludique) développé en 2010 par le laboratoire de jeux Gambit, une association entre le prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) et le gouvernement de Singapour. Dans un jeu au rythme lent et aux couleurs délicates, on évolue dans un univers métaphorique où alternent états normaux et heureux avec des épisodes sombres où le personnage perd sa capacité de « vibrer » et d'affronter les obstacles.
Elude

Dans la même lignée, on citera Actual Sunlight, un « simulateur de dépression » en 8-bits, tandis que le primé Depression Quest vous place dans la peau d'un jeune homme d'une vingtaine d'années atteint de dépression.

Le jeu SparX, développé en 2012, propose lui une expérience thérapeutique destinée à des adolescents atteints de dépression, grâce à des niveaux où il doit vaincre des créatures de pensées négatives tout en apprenant plus de sa maladie et des façons de la gérer. Malheureusement, le jeu n'est disponible qu'en Nouvelle-Zélande. A quand une version française ?

Les chatbots : pour un soutien immédiat

Sur la plateforme bleue vit une chouette. Owlie est un chatbot de soutien psychologique sur Messenger. Créé par Clara Falala-Séchet, psychologue en formation, Lee Antoine, père aidant, et Igor Thiriez, psychiatre, Owlie propose des exercices et outils pour aller au mieux. Une solution d'appoint qui n'a pas pour objectif de remplacer l'humain mais au contraire de « pousser les gens vers les autres gens et vers l'action », explique son co-créateur Igor Thiriez au média spécialisé We Are Patients.

Côté appli - et payant, à raison de 5,99 euros par mois - on trouve Mon Sherpa un « guide pour réussir son ascension vers le mieux être » grâce à des activités et exercices issus des techniques de thérapie cognitive et comportementale, appuyés par un comité scientifique de huit scientifiques, pour la plupart psychiatres. On soulignera aussi Qare, outil de téléconsultation, pour avoir accès à des professionnels à distance.

Pour trouver des lignes d'écoutes et des ressources utiles.

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