Dans le dico de la Génération Z # 5 : Daronned, Cancel Culture, Exergames

Dans le dico de la Génération Z # 5 : Daronned, Cancel Culture, ExergamesPublié le : 12-05-2021

#parentsconnectés

Ils ont moins de 25 ans et n'ont pas connu le monde sans numérique. La Génération Z s'arme d'un vocabulaire nouveau à la croisée des réseaux sociaux, du jeu vidéo et de l'actualité. Libérés du carcan des dictionnaires, focus sur ces néologismes d'un jour ou de toujours.
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Daronned : la visio de la honte

Verbe 

Apparition du néologisme : 2020

Potentiel de pérennité : moyen 

On se souvient toutes et tous de l'époque où nos parents nous déposaient en voiture devant le lycée. Au mieux, un simple klaxonne en guise d'au revoir, au pire un câlin devant les yeux de tous nos petits camarades. Bref, la honte absolue pour les adolescents que nous étions. Aujourd'hui et avec l'arrivée de la crise sanitaire, les bancs de l'école semblent bien loin pour certains. Pas de quoi décourager les parents pour autant, qui cette fois font rougir leurs enfants à travers les écrans. Comment ? En se faisant « daronned », c'est-à-dire en se faisant interrompre durant une visioconférence par l'irruption de leur « daron » (père) ou de leur « daronne » (mère). Trop forts !

Alors que les vidéos de parents en télétravail se faisant interrompre par leurs têtes blondes sont le plus souvent considérées comme « mignonnes », se faire daronned peut-être beaucoup plus compliqué à gérer pour un adolescent qui verra ce geste comme une véritable intrusion dans sa vie privée. Le phénomène s'étend d'ailleurs au-delà des cours en distanciel et vient se greffer à des plateformes populaires chez la jeune génération telles que Twitch. Quand en plein live et devant des centaines voire des milliers de spectateurs, un parent surgit dans la chambre de son enfant pour lui dire de mettre un peu d'ordre dans son bazar, la pilule passe mal. Le direct ne pardonne malheureusement pas...

Cancel culture : le choc des générations

Nom féminin 

Apparition du néologisme : sur les réseaux sociaux environ 2018

Potentiel de pérennité : élevé 

Internet offre une tribune aux contours plus flexibles. Sur des espaces tels que les réseaux sociaux, les langues se délient plus facilement et les débats éclosent dans un court laps de temps. Dans cette ébullition générale, un terme sort du lot : la « cancel culture ». On pourrait traduire cette expression par « la culture de l'annulation ». Un peu flou n'est-ce pas ? Il s'agit ici de boycotter en ligne toute personne ou entité ayant tenu des propos, diffusé des images ou réalisé des actions allant à l'encontre de luttes multiples : racisme, homophobie, écologie, etc. Cas illustre : la dénonciation publique de propos négatifs qu'auraient tenu J.K Rowling, maman de la saga Harry Potter, autour de la notion de transgenre.

Bien que le terme de cancel culture ne date pas d'hier, il semble désormais désigner un certain frottement entre le monde d'aujourd'hui et celui d'avant. En effet, ce qui pouvait passer hier ne passe plus maintenant dans les mailles d'un filet plus serré. Exemple : la récente critique du célèbre Disney, Blanche-Neige. Certains internautes demandent en effet une réécriture de cette histoire qui diffuserait dans une de ses scènes la culture du viol avec un baiser non consenti. Les histoires dans ce genre sont multiples, mais le plus souvent à prendre avec des pincettes. En effet, si les intentions de départ sont parfois louables et dénoncent de véritables problématiques, évincer de la sorte une personne ou son oeuvre peut mettre en périple tant son image publique que sa vie personnelle. Surtout quand les faits énoncés n'ont pas été spécialement vérifiés.

Allant à l'encontre du mouvement, c'est la légende du rap, Eminem, qui dresse un message frontale à la jeune génération et à la cancel culture dans son récent titre Tone Death : « Je ne comprends pas un mot de ce que vous dites (je suis sourd) / Je pense que je préfère rester comme ça (je suis sourd) / Je n'arrêterai pas même lorsque mes cheveux seront devenus gris (je suis sourd) / Parce qu'eux, ils ne s'arrêteront pas tant qu'ils ne m'auront pas 'annulé' ». La hache de guerre n'est pas encore prête à être enterrée.

Découvrez aussi le « FOBO », ce mal dont souffre la Gen Z… 

Exergames : quand manette et basket sont en symbiose 

Nom masculin  

Apparition du néologisme : environ 2000 

Potentiel de pérennité : élevé

Les jeunes ne bougent pas assez et passent leur temps devant les écrans. Figurez-vous que les adultes eux aussi bougent de moins en moins, notamment avec l'avènement du télétravail. Alors concilions toutes les générations autour d'un improbable binôme : l'activité physique et la console. C'est en tout cas ce sur quoi repose l'« exergames », fusion des mots « exercices » et « games » (jeux).

A travers les écrans, le sport devient tout de suite plus amusant ! On se souvient tous de la Wii et de Wiisport, jeu sorti en 2006, où il nous était proposé de faire du baseball, de la boxe ou encore de la course à pied sans bouger de notre salon. Le sablier s'est écoulé, et l'exergaming revient en force aujourd'hui avec des outils toujours plus innovants tels que Rig Fit Adventure et son anneau de résistance connecté, utilisable sur la Switch. Ludique et pratique, le jeu vidéo enfile son jogging et vient désormais convaincre toutes les générations et trouve notamment un certain succès auprès des seniors. Chapeau !

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