Le résumé en images des violences à Nantes hier après-midi lors de la manifestation en hommage à Steve et contre la police

par morandini

Des heurts ont éclaté samedi après-midi dans le centre de Nantes entre les forces de l'ordre et quelque 1.700 manifestants venus dénoncer les violences policières et la mort de Steve Maia Caniço, dont la mémoire avait été saluée lors d'un rassemblement silencieux organisé en bord de Loire en début de journée.

Dans la matinée, 1.000 personnes se sont retrouvées près du lieu où le corps du jeune homme de 24 ans a été retrouvé lundi dans la Loire. Steve Maia Caniço avait disparu dans la nuit du 21 au 22 juin lors de la Fête de la musique, alors qu'il assistait à un concert au bord de la Loire, où les forces de police étaient intervenues. Durant cette nuit, plusieurs personnes étaient tombées dans le fleuve. Des participants avaient raconté avoir été aveuglés par le gaz lacrymogène.

Près d'un portrait de Steve, des fleurs blanches ou roses ont été jetées dans le fleuve, des manifestants portaient des brassards noirs. "Où est la justice pour Steve?", pouvait-on lire. A partir de 13H00, dans le centre-ville, dont l'accès était limité par crainte de débordements, 1.700 manifestants de tous âges ont ensuite défilé dans un face à face tendu avec les forces de l'ordre qui s'est achevé en début de soirée. Gaz lacrymogène et canon à eau ont répliqué à des jets de projectiles et départs de feu. Plusieurs barricades ont été dressées et des vitrines brisées.

Quarante-deux personnes ont été interpellées pour transport d'armes par destination, jets de projectile ou incendie de mobilier urbain, a indiqué la préfecture de Loire-Atlantique, assurant qu'il n'y avait eu "aucun blessé grave".

Au moins un commissaire de police et un manifestant ont été blessés et transportés à l'hôpital, a détaillé la préfecture.

Selon un street médical, interrogé par un journaliste de l'AFP, le manifestant est un homme de 54 ans qui avait "fait un infarctus le 14 juillet".

Cibles de tous les slogans, la police et le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner: "Selon l'IGPN, le meurtre était conforme", "la police noie", pouvait-on lire sur les pancartes et les murs. "Après les tensions que nous avons pu constater à Nantes et Toulouse, les débordements ont été contenus et les individus violents interpellés", a tweeté M. Castaner en fin de manifestation, affirmant que "la liberté de s'exprimer sans entraves et l'ordre républicain ne sont ni négociables, ni contradictoires".

La maire socialiste de Nantes Johanna Rolland a déclaré dans un communiqué qu'"aucune violence n'avait sa place aujourd'hui à Nantes, alors que toute la ville souhaitait se recueillir".

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