Le procès des jeunes accusés d'avoir brûlé des policiers au cocktail Molotov à Viry-Chatillon s'ouvre aujourd'hui, trois ans après cette attaque

par morandini

Le procès des jeunes accusés d'avoir brûlé des policiers au cocktail Molotov à Viry-Chatillon s'ouvre aujourd'hui, trois ans après cette attaque qui avait déclenché un mouvement de colère inédit dans la police. Samedi 8 octobre 2016, début d'après-midi. En face de la cité sensible de la Grande Borne, à cheval entre Viry-Châtillon et Grigny en Essonne, deux voitures de police montent la garde. Les précédents week-ends, des jeunes ont tenté de détruire la caméra de surveillance installée pour prévenir les vols à la portière, récurrents à ce feu rouge de la départementale qui longe La Grande Borne.

Visage masqué, une vingtaine de jeunes déboulent, pierres à la main et cocktails Molotov déjà allumés, prenant par surprise les fonctionnaires. Ils entourent les voitures, brisent les vitres à coups de pierre, jettent des cocktails Molotov à l'intérieur.

Dans le premier véhicule, les deux sièges avant s'enflamment, et Vincent R., 28 ans, et Jenny D., 39 ans, prennent feu.

Jenny D. parvient à sortir, le haut du corps en flammes, en continuant de recevoir des pierres. "J'ai des enfants, aidez-moi", entendra l'un des agresseurs présumés, qui confiera à une amie que ça lui a fait "un pincement au coeur". Vincent R. met plus de temps à sortir - il n'arrive pas à ouvrir la portière, mais ne saura dire si c'est parce que quelqu'un la bloquait. Une fois dehors, il se roule par terre pour éteindre les flammes. Il reçoit une pierre dans le dos, sent une "vive chaleur" au niveau du visage - un autre cocktail Molotov selon lui.

Dans la deuxième voiture, un cocktail Molotov est tombé sur la banquette arrière. Sébastien P., 38 ans, voit sa collègue Virginie G., 28 ans, se "prendre des pains", mais ils parviennent à quitter la voiture sans être brûlés. Jenny D. arrive en hurlant, le visage en sang. Sébastien P. se précipite pour aider Vincent R., se brûle les mains en l'aidant à retirer son polo.

L'attaque, qui n'aura duré qu'une trentaine de secondes, aura un immense retentissement et déclenchera une fronde inédite et spontanée de policiers "en colère", qui, bravant leur devoir de réserve, défilent pendant des semaines pour exprimer leur "malaise" face à la "haine anti-flics".

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