L’ex-secrétaire d’État Georges Tron, a été condamné à cinq ans de prison dont trois ans ferme en appel pour viols et agressions sexuelles, après dix ans de feuilleton judiciaire

par Jeanmarcmorandini.com

Reconnu coupable d'agressions sexuelles et viol en réunion, Georges Tron a été condamné ce mercredi en appel à 5 ans de prison dont 2 ans avec sursis, assortis d’une peine d’inéligibilité de 6 ans et inscription au fichier automatisé des délinquants sexuels. Deux anciennes employées de la commune de Draveil (Essonne), accusaient le maire LR de 63 ans de leur avoir imposé des attouchements et pénétrations digitales entre 2007 et 2010, généralement lors de scènes de triolisme avec son adjointe à la Culture d’alors, Brigitte Gruel.

Le ministère public a requis contre Georges Tron cinq ans de prison, dont trois avec sursis, et demandé que la peine ferme soit plutôt effectuée sous bracelet électronique. Il a aussi requis deux ans avec sursis contre Brigitte Gruel. « Quelle que soit la décision que la cour prendra, ces quatre semaines ont été extrêmement dures. Elles ont d’abord été physiquement dures et parce qu’elles ont obligé à aller au fin fond de soi-même », a déclaré Georges Tron, vêtu d’un costume sombre, dans ses derniers mots à la barre. Les deux accusés, qui clament leur innocence, ont été acquittés en première instance en 2018. Ils nient toute relation sexuelle avec les plaignantes ou même entre eux.

Rendu public quelques jours après l’éclatement de l’affaire Dominique Strauss-Kahn en mai 2011, ce dossier en appel s’inscrit en pleine prise de conscience collective sur les violences sexuelles et les rapports de pouvoir entre hommes et femmes. Un contexte que les parties civiles n’ont pas manqué d’invoquer durant les longues journées de débats. Georges Tron « a le droit de ne pas être le symbole d’un autre procès que le sien », a plaidé son avocat Antoine Vey, lundi soir.

Massages de pieds, mensonges, retournements de veste, enregistrements clandestins, « omerta », descriptions crues de scènes sexuelles trioliques… Pendant quatre semaines, la cour s’est plongée dans le microcosme de la mairie de Draveil, commune de banlieue parisienne que Georges Tron dirige depuis 1995.

Cette affaire l’avait contraint à démissionner du gouvernement Fillon en 2011. L’accusation et les parties civiles ont essayé de convaincre la cour que Georges Tron a exercé une « emprise » sur ses accusatrices Virginie Ettel et Eva Loubrieu. Selon eux, cet ascendant moral constitue une forme de contrainte – l’une des caractéristiques du viol dans le code pénal.

En 2018, bien que jugeant crédible l’existence de scènes sexuelles, la cour d’assises de Seine-Saint-Denis avait estimé qu’il n’y avait, cependant, pas de contrainte, arguant notamment de contradictions et de mensonges de la part des plaignantes.

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