Comment Tchernobyl est devenue la nouvelle destination à la mode ?

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Un parc d'attractions abandonné dans la ville de Pripyat, située dans la zone d'exclusion de Tchernobyl.
Un parc d'attractions abandonné dans la ville de Pripyat, située dans la zone d'exclusion de Tchernobyl.
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© Adobe Stock, studioloco

Émilie Nougué

Théâtre d'une des catastrophes nucléaires les plus importantes du monde, la zone située autour de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, attire de plus en plus de visiteurs. Comment expliquer ce phénomène ?

Une zone d'exclusion de 300 000 hectares

Le 26 avril 1986, un accident nucléaire majeur se produit dans la centrale nucléaire V.I. Lénine, plus connue sous le nom de centrale de Tchernobyl. Après une explosion, une quantité importante d'éléments radioactifs est libérée dans l'atmosphère, contaminant l'environnement et provoquant de nombreux décès et maladies, à plus ou moins long terme, à cause des irradiations. Dans les jours qui suivent cet accident, les autorités soviétiques décident d'évacuer les habitants des environs. Une zone d'exclusion de 30 kilomètres de rayon, couvrant près de 300 000 hectares de superficie, est créée autour de la centrale et plus de 200 000 personnes quittent leurs foyers sans bagages.

À la découverte des villes fantômes

En 2011, cette zone d'exclusion s'ouvre au public. Des agences de voyages se mettent à proposer des excursions de quelques heures ou de quelques jours autour de Tchernobyl afin de mieux comprendre cette catastrophe, de découvrir les villes et villages fantômes, de plonger dans l'ère soviétique ou encore d'admirer la façon dont la nature a repris ses droits. Ces excursions séduisent de plus en plus de touristes souhaitant sortir des sentiers battus. D'après les statistiques officielles, 50 000 personnes, dont 70% d'étrangers, se sont rendues à Tchernobyl en 2017, comme le rapportait Ouest France en avril 2018. C'est 35% de plus qu'en 2016, et 350% de plus qu'en 2012.

Les répercussions de la série "Chernobyl"

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cet intérêt croissant des voyageurs pour la zone entourant la centrale nucléaire. En 2016 par exemple, la catastrophe de Tchernobyl célèbre son 30e anniversaire et est donc remise en lumière. La même année, un nouveau sarcophage en forme d'arche est placé au-dessus du réacteur accidenté afin de réduire les fuites de matières radioactives. De quoi rassurer ceux qui hésitaient à visiter Tchernobyl à cause des dangers causés par les radiations.

Par ailleurs, en mai et juin 2019, la catastrophe a droit à un énorme coup de projecteur avec la mini-série de HBO "Chernobyl", diffusée en France sur OCS, qui revient sur cet accident nucléaire. Saluée par la critique et le public, elle incite de nouvelles personnes à prendre leur passeport pour l'Ukraine. Plusieurs tours opérateurs proposant des visites de la zone d'exclusion notent ainsi une hausse de 40% de leurs réservations après la diffusion de cette fiction.

Un volonté gouvernementale

Enfin, du côté du gouvernement ukrainien, ce nouvel attrait pour Tchernobyl est vivement encouragé. Ainsi, le 10 juillet 2019, le président ukrainien Volodymyr Zelenski a signé un décret faisant de la zone interdite un site touristique officiel. Ce dernier prévoit, entre autres, l'amélioration du réseau de téléphonie mobile autour du site et la création de sentiers de randonnées. "Tchernobyl a été un point noir dans l'image de l'Ukraine. Il est temps que cela change", a déclaré le chef d'État qui souhaite "montrer cet endroit à tous : scientifiques, écologistes, historiens et touristes ".

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