Qu'est-ce qu'un "philanthrokid" ?

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Nés après la fin des années 1990, les philanthrokids s'engagent pour le bien commun.
Nés après la fin des années 1990, les philanthrokids s'engagent pour le bien commun.
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© iStock, Halfpoint

Peut-être avez-vous déjà croisé ce mot dans un article de presse, à la télévision ou sur les réseaux sociaux... Mais alors, de qui parle-t-on en utilisant le terme philanthrokids ?

Greta Thunberg et son mouvement "Fridays For Future" ont été proposés pour le prix Nobel de la paix 2020, par deux députés suédois le jeudi 30 janvier 2020 et ce pour la seconde fois. Mais bien d'autres jeunes s'engagent pour l'environnement ou des causes différentes visant à servir le bien commun (santé, éducation, solidarité...). Ces derniers, issus de la génération Z - c'est-à-dire nés après la fin des années 1990 - sont surnommés les philanthrokids.

Un néologisme anglo-saxon

Encore peu utilisé en France, le terme est né aux États-Unis puis a gagné le Royaume-Uni. Pour l'heure absent des dictionnaires, on a pu le croiser dans un article du Huffpost US consacré au Global Philanthropy Forum en 2011 (sous la forme "philanthroteens"), puis dans les pages du Guardian en 2015. Le journal britannique avait alors interrogé Beth Kanter, une auteure spécialisée dans le secteur des activités non lucratives qui qualifiait alors de philanthrokids les jeunes de la génération Z "technophiles et généreux".

Des jeunes sensibles aux enjeux actuels...

Nés à partir de la fin des années 1990, ils ont grandi avec des outils de communication de pointe, à commencer par Internet. "Ils sont connectés et ils peuvent voir ce qui se passe dans le monde", rappelait d'ailleurs à juste titre Beth Kanter au Guardian. De quoi prendre rapidement et simplement conscience des enjeux sociétaux et environnementaux actuels.

À ce titre, l'organisme Ipsos MORI a mené, fin 2019, une étude pour Amnesty International auprès de plus de 10 000 jeunes de la génération Z. Les résultats de cette enquête baptisée "L'Avenir de l'humanité" ont montré que 41% d'entre eux considèrent le changement climatique comme l'un des problèmes majeurs, devant la pollution (36%) et le terrorisme (31%).

... qui souhaitent agir mieux et plus que les adultes...

Face notamment à la crise climatique, à la question de la pollution des océans ou à celle de l'immigration, de nombreux jeunes se mobilisent. Un moyen de reprendre le flambeau tenu par une poignée d'adultes parfois jugée dépassée ou pas assez impliquée.

Preuve de l'engagement de cette génération Z, une enquête réalisée en 2018 par Classy (plateforme de collecte de fonds en ligne conçue pour les organisations à but non lucratif), laisse entendre que 26% des jeunes âgés de 16 à 19 ans pratiquent le bénévolat. De même, plus de 3 jeunes sur 10 auraient déjà effectué un don d'argent auprès d'une organisation, et au moins 1 aimerait lancer sa propre association caritative. Enfin, 60% des jeunes souhaitent que leur future activité professionnelle ait un impact positif sur le monde.

... grâce à de nouvelles formes de militantisme

S'ils descendent dans la rue pour se faire entendre, les philanthrokids multiplient les modes d'action, faisant d'Internet une "arme" à part entière. "Ils utilisent les réseaux sociaux à leur avantage et rameutent les foules à travers les hashtags #schoolstrike4climate #FridaysForFuture et #EarthUprising. Un grand nombre d'entre eux sont signataires d'une pétition, ChildrenVsClimateCrisis. Cela leur a notamment permis de porter plainte contre différents gouvernements pour leur inaction vis-à-vis du changement climatique", précisait le magazine NEON en octobre 2019, tandis que le Huffpost US écrivait en 2011 : "Ils ont grandi habitués à collaborer avec les structures de pouvoir, telles que les médias et les marques d'entreprise. Ils crient la vérité, co-créent du contenu et répondent à leurs propres questions, avec des idées qui étonnent par leur créativité et leur influence."

Greta Thunberg mais pas seulement

Si la Suédoise, après avoir lancé la "grève scolaire pour le climat", est devenue en l'espace de deux ans l'une des figures "philanthrokidiques", elle n'est pas la seule. Parmi les autres activistes qui se sont démarqués on peut penser à Emma Gonzalez, militante américaine anti-armes, aux soeurs Melati et Isabel Wijsen, qui luttent contre le plastique à usage unique (elles ont créé en 2013 l'association Bye Bye Plastic Bags, à seulement 10 et 12 ans) ou encore à Sophie Sandberg, qui oeuvre contre le harcèlement de rue avec de la craie.

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