Pourquoi la mode est le 2e secteur le plus polluant au monde ?

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En 15 ans, la consommation de vêtements en Occident a doublé.
En 15 ans, la consommation de vêtements en Occident a doublé.
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© iStock, Liuser

Chaque année, l'industrie du textile émet 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre, soit plus que l'ensemble des émissions du transport maritime et aérien international réunis. Il s'agit donc du deuxième secteur le plus polluant de la planète et le cycle de vie entier de ses produits en est responsable. Explications.

Fort impact écologique des matières premières

Des milliards d'articles de mode sont produits dans le monde entier et la consommation globale de vêtements ne cesse d'augmenter. Qui dit augmentation de la production de vêtements, dit forcément augmentation de la fabrication de fibres textiles. Ces fibres, à la base de tous les vêtements, peuvent être classées en trois catégories distinctes : les fibres naturelles (coton, laine, soie), les fibres artificielles produites à partir de produits naturels transformés (viscose, fibres de bois) et les fibres synthétiques obtenues à partir du pétrole ou du charbon (polyester, polyamide, acrylique, etc.). La perspective d'exploiter des produits naturels peut paraître plus rassurante et respectueuse de l'environnement mais ce n'est pas si évident.

Le coton, par exemple, représente le troisième plus gros consommateur d'eau d'irrigation dans le monde après le riz et le blé et un quart des pesticides utilisés dans le monde est dédié à sa culture. Même s'il est plus facilement recyclable, il est plus cher, nécessite énormément d'eau et ne suffit pas pour satisfaire le monde de la mode. Ensuite, la viscose est produite à partir de bois, un matériau certes renouvelable mais pas plus durable que les champs de coton. D'autant plus que ses méthodes de production nécessitent de grandes quantités d'énergie et des produits chimiques. Le polyester, quant à lui, est une matière très utilisée car peu chère et plus résistante que le coton. Il est fabriqué à partir de pétrole, une source fossile qui n'est pas renouvelable et très polluante.

La production du vêtement

Quand s'en vient la transformation des matières premières, de nombreuses substances toxiques sont utilisées dans les usines quotidiennement. Chrome, plomb, cuivre et mercure, par exemple, vont servir à délaver le textile, le teinter ou encore l'assouplir. En plus d'être très nocifs pour les ouvriers, ces produits chimiques finissent souvent dans la nature à la sortie des usines, et particulièrement dans les pays en voie de développement qui n'ont pas de règles concernant ce genre de produits toxiques.

Ensuite, lorsque le vêtement est prêt à être vendu, il est principalement transporté en avion, un important producteur de CO2. Un simple jean, par exemple, peut parcourir jusqu'à 65 000 km, soit une fois et demie le tour de la Terre et nécessiter 7000 litres d'eau pour sa production. Une forte consommation d'eau, de pétrole et beaucoup d'émissions de gaz à effet de serre pour une unité.

Et après ?

Une fois que le vêtement est en votre possession, il va poursuivre son cycle de vie, et contrairement à ce qu'elle peut paraître, ce n'est pas l'étape la moins polluante. 60% des vêtements sont fabriqués à partir de polyester, cette fibre synthétique est omniprésente dans l'industrie de la mode et est un véritable désastre pour les océans.

Vous ne le soupçonnez peut-être pas mais lors du lavage de ce type de tissu, des microfibres se détachent et sont déversées dans les océans avec les eaux usées des machines à laver. Chaque année, ce sont 500 000 tonnes de plastiques microfibres qui se retrouvent dans les océans. Selon l'IUCN, l'organisation environnementale de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature, 35% des microplastiques rejetés dans les océans viendraient du lavage de textiles.

Et une fois que vous vous êtes lassé de votre article, qu'en faites-vous ? Le recyclage semble être la meilleure option néanmoins, les méthodes ne sont pas adaptées à tous les types de vêtements. Près de 3/5 des vêtements produits dans le monde finissent dans des incinérateurs ou dans des décharges quelques années après leur fabrication.

L'industrie du textile fonctionne de manière très linéaire : produire - consommer - jeter. Ce schéma génère énormément de déchets et par conséquent impact fortement l'environnement.

Sources : ADEME, Greenpeace, Cabinet McKinsey, Rapport de la fondation MacArthur.

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