Pourquoi l'élevage de viande est mauvais pour la planète ?

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L'élévage de viande a de nombreux impacts sur notre écosystème.
L'élévage de viande a de nombreux impacts sur notre écosystème.
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© iStock, Pixdeluxe

La viande est l'aliment le plus coûteux pour la planète. Une production massive qui a de maintes conséquences sur l'environnement... souvent méconnues.

Chaque année, l'Homme se nourrit d'environ 89 kilos de viande. Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), 323 millions de tonnes ont été produites dans le monde en 2017. Les scientifiques estiment à 465 millions de tonnes la production annuelle en 2050. Environ 65 milliards d'animaux sont abattus par an, soit 2000 par seconde. Une consommation de viande gargantuesque qui est ancrée dans les traditions. Petit à petit, les Français l'écarteraient de leurs habitudes selon une étude de l'Insee. Bien qu'elle demeure la dépense première d'un panier alimentaire, son pourcentage est en continuelle diminution depuis 1980. Notre mode de vie carnivore évolue et pourquoi pas l'élevage ? Nombreux sont ses impacts sur l'écosystème.

La pollution de l'air

Considéré comme l'une des causes principales du réchauffement climatique, il est la première source d'émissions de CO2 d'origine anthropique (14,5% ou environ 7 milliards de tonnes) devant le secteur des transports. Le bétail est un émetteur majeur de gaz à effet de serre pour une multitude de raison : les gaz digestifs et les déjections des animaux, la production et le transport des aliments, la gestion des déchets et l'énergie dépensée par l'espace aménagé. Une rude concurrence au carburant !

La pollution des eaux

L'oxygène n'est pas la seule touchée. L'eau en subit également les conséquences. "L'élevage industriel pollue les eaux car il rejette dans l'environnement des quantités importantes de nitrates, du phosphore mais aussi des antibiotiques et autres polluants", alerte Greenpeace. Le régime "riche" imposé aux animaux "entraîne un taux d'azote supérieur à la normal dans les eaux rejetées et peut entraîner des problèmes de santé publique autant que la prolifération indésirable d'algues et de la population microbienne des eaux, perturbant ainsi les écosystèmes marins", ajoute dans son enquête Le Monde.

La consommation considérable de ressources

Les cheptels sont de gros consommateurs d'eau, les bovins en dépensent plus que les volailles, et de céréales. Un kilo de boeuf demande 15 000 litres. Un kilogramme de viande produit en élevage équivaudrait à une estimation variable de 10 à 25 kilogrammes de céréales consommées.

La déforestation

La surface agricole mondiale serait dédiée à 75% aux bêtes qui vont servir à nous nourrir ou à la production des céréales pour leurs besoins. Le manque de terres pousse à la déforestation comme le dénonce Le Monde : "91 % des terres 'récupérées' dans la forêt amazonienne servent ainsi aux pâturages ou à la production de soja qui nourrira plus tard le bétail. Et moins de forêt, c'est moins d'émissions de dioxyde de carbone absorbées."

Des solutions pour protéger la planète

Une étude de la Oxford Martin School considère que l'adoption massive d'un régime végétarien au niveau mondial réduirait les émissions de CO2, liées à l'alimentation, de deux tiers. Pour Greenpeace, la faute revient aux gros producteurs qui usent d'intrants extérieurs (produits phytosanitaires, engrais, activateurs de croissance et autres) : "Dans le monde, une poignée de multinationales détient un quasi-monopole pour l'achat, la transformation et la distribution des produits agricoles, alors qu'il y a 570 millions d'agriculteurs pour nourrir 7,2 milliards de consommateurs !" L'association gouvernementale poursuit: "Il faut sortir de la logique du produire "plus" pour entrer dans la logique du produire "mieux" [...] Il suffirait de diviser par deux notre consommation de protéines animales pour dégager assez de nourriture pour deux milliards de personnes supplémentaires." Et planter plus d'arbres !

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