Pour quelles raisons le tigre est-il proche de l'extinction ?

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Trois des neuf sous-espèces de Panthera tigris, son nom scientifique, se sont déjà éteintes.
Trois des neuf sous-espèces de Panthera tigris, son nom scientifique, se sont déjà éteintes.
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© Adobe Stock, Sergey Bogdanov

Félin aux yeux perçants doté d'un pelage rayé, le tigre est un animal majestueux considéré comme sacré. Il est pourtant sur la liste rouge des espèces en danger (UICN) depuis 1986. De jour en jour, l'alarme se fait plus stridente avec, actuellement, seulement plus de 3100 individus vivant à l'état sauvage. Comment s'explique cette catastrophe ?

Au début des années 1900, ils étaient estimés à plus de 100 000 spécimens. Un siècle plus tard, le constat de leur extermination programmée, mais déjà en action, est consternant. 95% d'entre eux sont morts. Leur nombre a diminué de 95%. Trois des neuf sous-espèces de Panthera tigris, son nom scientifique, se sont éteintes : le tigre de Java, de Bali et de la Caspienne. Les félins se répartissent dans treize pays d'Asie comme l'Inde, le Bhoutan, l'Indonésie, l'Est de la Russie et de la Chine. Selon l'organisation WWF, il y aurait plus de fauves en captivité qu'en liberté, avec un minimum de 5000 tigres détenus rien qu'aux États-Unis. Les descendants de Tigrou et Shere Khan sont-ils condamnés ? "Aujourd'hui, personne ne peut dire s'il y aura encore des tigres sauvages dans 50 ans", affirme le Fonds Mondial pour la nature. Les raisons de ce déclin sont connues.

Le braconnage massif

Son statut d'espèce en voie de disparition interdit qu'il soit chassé. Malheureusement, la loi ne suffit pas à interrompre les braconniers qui considèrent le tigre comme un véritable trophée et établissent des commerces illégaux. "Recherchés pour leurs peaux mais aussi pour diverses parties de leur corps, supposées soigner diverses pathologies dans la médecine traditionnelle chinoise, les félins sont victimes d'un trafic international, exercé par de puissantes mafias", déplore WWF. Plus le nombre des mammifères diminue, plus les produits vendus sont chers.

Une mésentente avec l'Homme, le retour du boomerang

Pour que les fauves s'aventurent hors de leur territoire, les chasseurs abattent également leurs proies favorites. Affamés, ils se rapprochent des villes et s'éloignent de leur domicile naturel. Le piège se referme. Ils meurent de faim ou sont tués, que ce soit par ceux qui les traquent ou par des habitants effrayés. Ces animaux représentent la plus grande crainte de nombreuses communautés villageoises d'Asie. Des mesures au cas par cas sont prises pour rassurer et sécuriser les humains.

Du tigre dans l'assiette

Certaines populations ne font pas qu'admirer le gardien des forêts, elles le dégustent. En faire son repas serait un signe de grande richesse. Alors que certains pays s'opposent fermement à cette pratique culinaire, la Birmanie vient de créer une onde de choc comme l'expose 20 Minutes, samedi 11 juillet 2020 : "L'élevage pour leur viande ou leur peau est dorénavant autorisé pour les tigres, -dont le nombre en Birmanie n'est estimé qu'à 22-, pangolins, éléphants et différentes espèces de vautours." Le calvaire n'est pas terminé.

Son habitat réduit à peau de chagrin

La modification des terres par l'Homme pousse les félins à se retrancher dans d'autres espaces, qui seront probablement eux aussi attaqués par des bouleversements tels que l'agriculture, la déforestation, la construction de routes. Futura Sciences explique : "La surface de son habitat naturel se réduit tellement qu'il se forme des groupes d'individus qui n'ont de cesse de décroître. En conséquence, les populations ne se croisent plus entre elles et le tigre ne se reproduit plus que sur 7 % de son territoire originel." En parallèle, de multiples associations se battent au quotidien pour la réinsertion d'individus dans de belles zones vertes et protégées. Les treize pays d'Asie espèrent en recenser 6000 en 2022, pour honorer à juste titre une nouvelle année du Tigre.

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