Les USA réintègrent l'Accord de Paris sur le climat : ce que ça va changer

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Joe Biden signe les "executive orders" lors de ses premières minutes dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche à Washington, le 20 janvier 2021.
Joe Biden signe les "executive orders" lors de ses premières minutes dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche à Washington, le 20 janvier 2021.
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© Abaca, Pool/ABACA

Joe Biden l'avait martelé lors de sa campagne : s'il était élu président des États-Unis, sa première initiative à l'échelle internationale serait de renouer avec l'accord de Paris sur le climat. Trois ans après que Donald Trump s'en soit retiré, Joe Biden a tenu parole et a fait passer dès le premier jour de son mandat un décret pour que les États-Unis réintègrent cet accord. Quelles seront les conséquences de ce retour ?

En juin 2017, Donald Trump annonçait la sortie des États-Unis de l'accord de Paris. Le 4 novembre 2020, date marquant la fin du délai légal nécessaire à leur sortie de cet accord, les États-Unis s'en retiraient formellement. Alors en campagne, Joe Biden faisait savoir que s'il était élu président, il prendrait au plus vite des mesures pour que son pays réintègre l'accord de Paris. Comme il l'avait annoncé, le 20 janvier 2021, le 46e président américain a signé un décret présidentiel proclamant le retour imminent des États-Unis dans l'accord de Paris sur le climat. Découvrez ce que cette décision pourrait entraîner comme changements.

Une bonne nouvelle pour la planète

Avec le retour des États-Unis, l'accord de Paris sur le climat retrouve son caractère universel. C'était l'un des principes fondateurs de cet accord, dont les États-Unis étaient jusqu'à présent le seul pays à s'être retiré. Cette réintégration donne un signal positif, et pourrait inciter quelques-uns des 200 pays signataires à renforcer leurs engagements dans la lutte contre le réchauffement climatique. À l'heure actuelle, seuls 14 pays ont affirmé vouloir s'engager pour la diminution des gaz à effet de serre, et à l'approche de la COP26, qui se tiendra à Glasgow en novembre 2021, l'engagement des USA fait figure d'un exemple qui pourrait faire des émules.

Parmi les propositions faites par Joe Biden, un plan de 2 000 milliards de dollars d'investissements dans les énergies renouvelables. Une suggestion qui rompt avec la politique menée par Donal Trump, qui niait le changement climatique et favorisait largement le développement des énergies fossiles et polluantes. Il est également attendu que Joe Biden renforce le soutien des États-Unis à la recherche sur le climat et qu'il incite les producteurs de pétrole, d'électricité et les constructeurs automobiles à réduire leurs émissions de méthane et de CO2. De belles perspectives en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique, que certains observateurs nuancent toutefois.

Le revers de la médaille

Selon le chercheur François Gemenne, dont les propos sont relayés par France Info, "l'enthousiasme général déclenché par la victoire de Joe Biden nous rend aussi aveugles à des risques liés au retour des États-Unis dans l'accord de Paris". Ce spécialiste explique ainsi que le retour de la première puissance mondiale pourrait "paradoxalement affaiblir l'accord de Paris, en accréditant l'idée que la participation du deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre dépend du résultat de ses élections présidentielles", et qu'il est évident que cette coopération américaine ne soit dans les faits qu'un "trompe-l'oeil" destiné à faire oublier "les faiblesses de l'action fédérale" et à réduire la pollution sur son propre sol. Et le chercheur de conclure qu'après la politique menée par Donald Trump durant quatre ans, "il sera difficile, en tout cas, de faire comme si rien ne s'était passé".

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