La compensation carbone : un principe efficace ?

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La plantation d'arbres peut être proposée pour tenter de compenser ses emissions de gaz à effet de serre.
La plantation d'arbres peut être proposée pour tenter de compenser ses emissions de gaz à effet de serre.
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© Adobe Stock, bladiavila

Utilisable par tous, ce dispositif a été mis en place pour tenter de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, polluantes à souhait. Mais si elle a le vent en poupe, la compensation carbone permet-elle vraiment d'atteindre la neutralité carbone comme espéré ? Réponse plus bas !

Lumière sur la compensation carbone

Depuis quelques d'années, le principe de compensation carbone fait parler de lui. Mais sur quoi repose-t-il au juste ? Tout d'abord, il faut savoir qu'il pointe du doigt les émissions de gaz à effet de serre, les fameuses aux effets délétères sur l'environnement. Son postulat ? Toute émission de gaz à effet de serre à un endroit a le même impact, sur le réchauffement climatique, que l'émission provenant d'un autre lieu. De ce fait, l'objectif de la compensation carbone est de neutraliser les émissions de carbone, c'est-à-dire d'équilibrer les émissions en misant sur la capacité d'absorption de puits naturels (comme les forêts par exemple). Autrement dit : annuler une émission de CO2 à un endroit par la soustraction d'une autre émission dans un autre lieu. Pour ce faire, entreprises, collectivités territoriales et même vous, citoyens, pouvez financer un projet dont l'activité permet d'éviter des émissions de CO2. Ce financement s'effectue en acquérant des réductions d'émission baptisées aussi "crédits carbone" ( 1 crédit carbone = 1 tonne équivalent de CO2 évitée grâce au projet). Il existe deux systèmes de compensation carbone : si le premier est réglementaire et lié au protocole de Kyoto, obligeant les états qui y ont souscrit à compenser leurs émissions de gaz à effet de serre, le deuxième est volontaire et destiné à tous les acteurs ayant à coeur de compenser, sans y être contraints par la loi, mais par souci écologique.

Quels projets de financement sont proposés pour compenser ?

Les projets de compensation, en vue de séquestrer le carbone, peuvent être de différentes tailles et natures et établis dans des zones géographiques diverses. Ainsi, les acteurs désireux de préserver la planète peuvent investir dans :

- Des projets forestiers.

- La production d'énergies renouvelables.

- L'amélioration de l'efficacité énergétique.

- L'optimisation de la gestion des déchets.

La compensation carbone sous le feu des critiques

Pour que ce projet de compensation soit jugé efficace, selon l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maitrise de l'Environnement) ce dernier doit répondre à certaines conditions :

- Être "additionnel" : il n'aurait pas pu voir le jour sans ce financement.

- S'assurer de la mesurabilité et la permanence des émissions GES évitées/séquestrées.

- Réaliser la vérification de ces émissions évitées/séquestrées.

- Garantir l'unicité des crédits carbones qu'il délivre (un crédit = 1 tonne de CO2 évitée).

Oui mais voilà, bien que plusieurs labels aient été crées pour garantir aux acheteurs la compensation de leurs émissions, les critiques fusent. En effet, si elle ne fait pas l'unanimité, c'est que plusieurs s'accordent à dire que cette compensation carbone ne serait pas efficace. À commencer par l'ONG Les Amis de la Terre, qui, en 2009, s'interrogeait dans un rapport sur la garantie de baisse des émissions de CO2 et l'additionnalité. Plus récemment, c'est Jonathan Guyot, président de l'association all4trees qui évoquait l'impossibilité d'atteindre une neutralité entre la tonne de CO2 émise et celle soustraite notamment avec l'exemple de la compensation forestière : "Les émissions partent immédiatement dans l'atmosphère, alors que les arbres mettront des dizaines d'années pour les séquestrer." À ce jour, il semblerait donc que les mécanismes de compensation carbone ne garantissent pas de réelles réductions d'émissions de gaz à effet de serre.

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