Biodalisme : que signifie ce nouveau concept vert ?

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Les végétaux, placés par des activistes, envahissent les rues des villes pour éveiller les consciences.
Les végétaux, placés par des activistes, envahissent les rues des villes pour éveiller les consciences.
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© Adobe Stock, Christian Wohlfahrt

Face au déclin environnemental, certaines personnes soucieuses bourgeonnent d'idées pour éveiller les consciences. Fanny Ehl a lancé un nouveau concept écologique, le biodalisme, qui sensibilise à l'aide d'éléments naturels en magnifiant les chaussées ! Explications.

À la nuit tombée, des activistes se ruent sur les sols des grandes villes pour en extirper les pavés. Ce n'est ni la Révolution, ni Mai 68 ou une manifestation de Gilets Jaunes mais bien un concept pacifiste qui met à l'honneur la biodiversité. Les blocs de pierre sont remplacés par des fleurs et autres végétaux, véritables embellisseurs de l'espace public. Le terme "biodalisme" est un néologisme qui provient de la contraction du préfixe "bio" et du mot "vandalisme".

Les "dépavistes" s'opposent à une urbanisation envahissante et prônent le respect de la terre. Leurs actions ne passent pas inaperçues. À côté des graminés, le nom du concept est inscrit sur le sol et un arrosoir est fréquemment laissé à portée de main du public pour que tout un chacun puisse prendre soin de la récente plantation. Cet écrin de verdure au coeur du béton est directement inspiré des "guerilla gardening" dont l'idée maîtresse est de faire fleurir des points de jardinage dans des lieux désaffectés ou sur la chaussée.

La nature, écartée par l'humain, revient en force

Comme George Orwell et son "1984", la fondatrice Fanny Ehl imagine une époque futuriste en 2177 dans un manifeste effarant : "L'intégralité de la surface planétaire a été recouverte par le bitume, les pavés, le goudron, sans oublier les gigantesques immeubles frôlant les nuages verts qui peinent à se dissiper. Le globe est devenu ce qu'on appelle à présent une 'monopolis'. C'est en 2043 que la surface terrestre connaît son premier "péri- boom" avec la disparition de la ville d'Orléans, intégralement dévorée par l'étalement urbain parisien (...) les nationales et autoroutes ont elles aussi intégralement disparu au profit des "routes filantes", de simples voies express hors-sol se mêlant aux habitations et aux bâtiments renfermant les téléworkers." Du permis de biodaliser au protocole d'action, la designer de 26 ans, qui estime ne remplir que son "devoir de citoyen", a pensé à tout pour ses adeptes.

Un engagement total pour la planète

Les biodalistes obéissent à un mode d'emploi méticuleux : des repérages du terrain à l'obtention des plantes chez des pépiniéristes indépendants en passant par l'acte et ses obligations comme le port d'un équipement de protection, comprenant un casque de chantier, le matériel adéquat et la sécurisation du périmètre.

L'équipe se constitue au minimum d'un chef dépaviste, d'un caméraman, d'un pochoiriste et d'un guetteur. Agir, c'est potentiellement prendre des risques, mais l'organisation assure ne s'être jamais faite arrêter par les forces de l'ordre, plutôt curieuses à l'égard de ces opérations discrètes. "Aller dans le sens de la déconstruction des modes de vie et des flux de circulation symbolisés par la matière des sols métropolitains", "Provoquer un revirement des politiques urbaines" ou encore "Préserver les insectes pollinisateurs en variant les ressources des métropoles" font partie des objectifs inscrits sur leur tout nouveau site. Un concept définitivement pavé de bonnes intentions !

Site : https://www.biodalisme.org/

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