Arctique : pourquoi la banquise est-elle vouée à disparaître si rien n'est fait

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Le regel difficile de cette aire protégée témoigne de la crise humanitaire et écologique qui frappe la Terre.
Le regel difficile de cette aire protégée témoigne de la crise humanitaire et écologique qui frappe la Terre.
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© Adobe Stock, Paul Souders/Danita Delimont

Alerte rouge dans le grand blanc. Zone vierge considérée comme un indicateur du réchauffement climatique, l'Arctique est au plus mal. Les observations scientifiques, qui assurent que cette région se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète, démontrent le rétrécissement constant de l'épaisseur et de la superficie de la glace.

Le regel difficile de cette aire protégée témoigne de la crise humanitaire et écologique qui frappe la Terre. Il y aurait 75% de glace en moins qu'il y a un demi-siècle. En septembre 2020, Le Monde partageait le dernier rapport établi par le NSIDC : "La banquise polaire de l'hémisphère Nord a atteint sa deuxième superficie la plus basse jamais enregistrée : 3,74 millions de kilomètres carrés le 15 septembre, juste derrière le record de 2012, qui pointait à 3,4 millions de kilomètres carrés, selon le Centre national américain de données sur la neige et la glace (NSIDC). C'est seulement la deuxième fois, depuis le début des relevés satellitaires en 1979, que l'étendue de la banquise arctique plonge sous la barre des 4 millions de kilomètres carrés. Soit très loin de la moyenne de 6,3 millions de kilomètres carrés de surface de mer gelée, mesurée à la mi-septembre, entre 1981 et 2010."

Un amenuisement des glaces au stade avancé et des conséquences déjà ressenties

Ce constat évoque les glaces pérennes, celles qui ne sont pas censées fondre avec le soleil durant l'été polaire où il fait jour 24h/24. Cette disparition précoce, modélisée en septembre 2019 par la NASA depuis l'espace, montre l'incapacité de la glace à se reformer. Le système de réfrigération n'est plus assuré ! Alors que les températures hivernales atteignent habituellement les -30 degrés, les saisons sont désormais dangereusement plus douces et peuvent même dépasser les zéro degrés. Avec sa surface blanche, la banquise réfléchit les rayons lumineux et régule le climat en aspirant l'air froid, mais la fonte engendre l'absorption des rayons du soleil et l'aggravation du réchauffement. "L'an dernier, les experts climat de l'ONU (Giec) ont adopté un rapport sur les océans et la cryosphère (banquise, glaciers, calottes polaires et permafrost), avertissant des catastrophes en chaîne d'un monde plus chaud de 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle. La planète en est déjà à + 1°C", a alerté L'Express en septembre 2020.

Des ours et des hommes dans le même bateau : la catastrophe

Les anomalies présentées par cet écosystème en constante évolution négative affectent la faune (phoques, ours polaires, espèces de poissons endémiques et autres) mais aussi les populations (Inuits, Tchouktches). Interrogés par l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) dans le cadre d'un rapport, dix représentants des soixante-dix populations indigènes de la région ont averti : "Dans le nord de la mer de Béring, nous avions de la banquise huit mois par an. Aujourd'hui, c'est trois ou quatre mois." Ces terres pures et préservées doivent aussi composer avec l'intensification de l'exploitation pétrolière : les compagnies affluent pour industrialiser l'hémisphère et tirer profit de ses ressources fragiles. L'organisation Save The Arctic se bat contre ces dérives menées par l'Homme mercantile.

2021 sera-t-il plus blanc pour l'hémisphère nord en déclin ?

Dans un communiqué officiel du NSIDC, le directeur Mark Serreze a déploré au sujet de 2020 : "Ce fut une folle année dans le Grand Nord, avec une banquise qui a presque atteint son étendue la plus faible jamais enregistrée, des vagues de chaleur frôlant les 40 °C en Sibérie et des feux de forêt massifs, déclare dans un communiqué Mark Serreze, directeur du NSIDC. Nous nous dirigeons vers un océan arctique saisonnièrement libre de glace, et cette année est un autre clou dans le cercueil." De leur côté, les scientifiques de la revue Natural Climate Change ont estimé, début 2021, "s'attendre à des changements perturbateurs qui justifient une intensification des observations à long terme et des efforts de modélisation". Selon certains experts, l'Arctique devrait connaître ses premiers étés en l'absence de banquise entre 2030 et 2050, lorsque la superficie sera inférieure à moins d'un million de kilomètres carrés. Pessimistes ou réalistes ?

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