Abeilles en danger : pourquoi il faut les protéger

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Les abeilles sont victimes du "syndrome d'effondrement des colonies".
Les abeilles sont victimes du "syndrome d'effondrement des colonies".
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© Adobe Stock, ViktoriiaNovokhatska

Domestiques ou sauvages, les abeilles subissent de plein fouet les activités humaines. Preuve en est, leur nombre ne cesse de diminuer. Ces insectes pollinisateurs sont pourtant essentiels à bien des égards. Voici pourquoi il est essentiel de les protéger.

Partout dans le monde, on note un déclin des populations d'abeilles domestiques. Ce phénomène a un nom : le "syndrome d'effondrement des colonies". De quoi provoquer l'inquiétude des professionnels du secteur apicole mais pas seulement. Explications.

Des chiffres alarmants

En mai 2019, l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE) dressait un constat sans appel : "Depuis les années 1990, les populations d'abeilles domestiques subissent de nombreuses pertes. Certaines années 30% des colonies peuvent disparaître." Même son de cloche du côté de l'ONU qui assurait, en 2018, que le taux d'extinction des pollinisateurs était "de 100 à 1 000 fois plus élevé que la normale".

Les abeilles face à de multiples dangers

Plusieurs facteurs sont à l'origine de ce "syndrome d'effondrement des colonies". L'utilisation des pesticides vient en tête. "Chaque année l'utilisation des produits phytosanitaires en agriculture cause la mort d'environ 300 000 ruches", assurait l'Union nationale de l'apiculture française (UNAF) en janvier dernier. En outre, ce sont les néonicotinoïdes, des molécules qui agissent comme des neurotoxiques sur le système nerveux des abeilles qui sont pointés du doigt. De même, la monoculture et les pratiques agricoles intensives jouent des tours à ces insectes, tout comme le réchauffement climatique.

Mais ce n'est pas tout. D'autres prédateurs viennent contribuer à la chute du nombre des abeilles : le varroa, "un petit acarien qui s'installe et se reproduit au coeur même des ruches, dans les alvéoles", selon l'Inrae, ou encore le frelon asiatique.

Enfin, selon une étude menée par des chercheurs de l'Université de Cambridge en 2018 dont les résultats sont parus dans la revue Science, le développement massif des ruches en ville a un impact négatif, une espèce d'abeille (Apis Mellifera) ayant pris le pas sur ses semblables.

Un insecte essentiel pour la biodiversité

Ces disparitions massives ont des impacts chiffrés, par exemple sur la production de miel. C'est le cas en France comme l'expliquait, en 2016, Vincent Bretagnolle, écologue au Centre d'études biologique de Chizé (Deux-Sèvres), dans les colonnes du journal du CNRS : "Ces vingt dernières années, la production de miel dans l'Hexagone a été divisée par deux." Pire, comme le rappelait France Bleu en 2018, "en 10 ans, 15 000 apiculteurs ont cessé leur activité".

Outre ce problème pour l'industrie apicole, la disparition des populations d'abeilles - sauvages ou domestiques - est alarmant car ces dernières ont un rôle majeur au niveau de la biodiversité. C'est ce qu'expliquait un article du CNRS en 2016 : "En pollinisant les plantes à fleurs, les butineuses garantissent la reproduction de nombreuses espèces végétales. Et pas moins d'un tiers de l'alimentation mondiale dépendrait de cette pollinisation - sans abeilles, pas de tomates, de courgettes, de fraises ou encore de pommes..." Cette pollinisation que l'Institut national de recherche agronomique compare à un "service environnemental" permettrait d'économiser 153 milliards d'euros par an dans le monde. Et pour cause, si les abeilles disparaissent, ce sont les agriculteurs qui seront contraints de procéder à la pollinisation, le tout à la main.

Quelles actions pour leur protection ?

Dans un contexte où les chiffres sont toujours plus inquiétants, la question se pose. Mais nous ne sommes pas à court de réponses. Divers moyens existent pour sauver les abeilles, à plus ou moins grande échelle. Ainsi le gouvernement a-t-il pris des mesures, via les lois Egalim sur l'alimentation et Biodiversité, pour interdire des substances nocives pour les abeilles utilisées dans l'agriculture.

Vous souhaitez agir à votre niveau ? Achetez du miel aux apiculteurs de votre région plutôt que de consommer celui de votre grande surface provenant d'autres pays, plantez des fleurs que ce soit dans votre jardin ou sur votre balcon (en privilégiant les fleurs mellifères) ou encore laissez-vous tenter par le parrainage de ruche. Un moyen de participer au maintien de la biodiversité et de recevoir à la maison le miel de vos abeilles moyennant une certaine somme. C'est ce que proposent les programmes Api-douceur ou Un toit pour les abeilles.

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