Pollution sonore : quels impacts sur l'environnement ?

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Les transports routiers sont une des principales sources de pollution sonore.
Les transports routiers sont une des principales sources de pollution sonore.
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Transports routiers ou aériens, bruits de voisinage, bruits provenant d'entreprises... La pollution sonore n'est pas sans conséquence sur la santé des personnes mais aussi sur l'environnement.

La pollution sonore affecte les animaux

Une étude américaine publiée dans la revue Science en 2017 (https://science.sciencemag.org/content/356/6337/531) s'est intéressée aux bruits liés à la circulation, à l'urbanisation intensive et aux activités industrielles. Ces travaux ont montré que la pollution sonore nuit en premier lieu aux animaux. Ces nuisances sonores réduisent de 50 à 90% les lieux où les sons de l'environnement naturel peuvent être entendus. Résultat, cette pollution sonore couvre significativement les communications des espèces animales. Certains animaux vivant dans des zones protégées proches des centres urbains ne peuvent plus entendre arriver leurs prédateurs. La pollution sonore nuit donc à la capacité de survie des animaux. Mais ce n'est pas tout, les sons de la nature permettent également aux animaux de se diriger, de trouver de la nourriture, de défendre leur territoire et d'attirer un partenaire pour se reproduire. "En modifiant le comportement ou la répartition des espèces-clés, des écosystèmes entiers peuvent être affectés par le bruit", explique Raphel Buxton, auteure de l'étude.

La pollution sonore perturbe la pollinisation et la dispersion des végétaux

La pollution sonore réduit considérablement le nombre de jeunes pousses de certaines plantes. Des travaux publiés dans la revue Proceedings of the Royal Society B (https://royalsocietypublishing.org/doi/10.1098/rspb.2020.2906) ont constaté une réduction de 75% de jeunes pousses de pins à pignon (une espèce d'arbres conifères) dans les zones bruyantes par rapport aux zones plus calmes. Cela s'explique par la fuite d'oiseaux censés disperser les graines de ces arbres, les geais. Ces derniers, gênés par le bruit, ont préféré fuir ces zones. Les auteurs de l'étude font d'ailleurs remarquer que ces oiseaux ne sont pas revenus sur ces zones même une fois redevenues silencieuses. Ils ont donc observé un déclin à long terme du nombre de nouvelles pousses.

La pollution sonore maritime fait fuir certaines espèces

La pollution sonore n'est pas que terrestre, elle est aussi maritime. Les bruits des moteurs, des hélices et des roulements des bateaux, les sondes sismiques, les forages, les émetteurs à hautes fréquences des sous-marins affectent l'environnement marin. Ainsi, les bruits des navires provoquent des collisions entre baleines franches car ils couvrent les bruits de leur environnement leur permettant d'éviter leurs congénères sur leur trajet. La pollution sonore maritime poussent même certaines espèces de cétacés à fuir leur habitat naturel car elle dérègle leur communication, leur comportement alimentaire et reproductif. Certains mammifères marins seraient par ailleurs exposés à un risque de dommages permanents des tissus de leur organisme à cause du bruit.

Comment réduire la pollution sonore ?

Aujourd'hui, il est possible de lutter contre la pollution sonore grâce à différents moyens :

•L'utilisation de véhicules moins bruyants dans les aires protégées.

• La mise en place de voies de circulation dans des couloirs de bruit.

• La limitation du trafic et du pourcentage de véhicules lourds.

• L'abaissement de la vitesse automobile autorisée.

• L'interdiction de circulation dans certaines plages horaires.

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