Faire don de son corps à l'écologie : une bonne idée ?

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Les cimetières ne sont pas vraiment très écologiques.
Les cimetières ne sont pas vraiment très écologiques.
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© Adobe Stock, Magnus

Si le principe de donner son corps à la science pour faire avancer la médecine est désormais bien connu du grand public, saviez-vous qu'il était également possible de faire don de son corps à l'écologie ? Cette technique porte le nom "d'humusation". Elle permet de transformer un défunt en compost et pourrait bien aider à limiter la pollution humaine. Explications.

Que faire d'un corps humain après sa mort ? À l'heure actuelle, il existe deux principales techniques. D'un côté, l'inhumation, ou le fait d'être enterré dans un cercueil, et de l'autre, la crémation, ou le fait de brûler le corps jusqu'à ce qu'il ne reste que des cendres. Ces deux méthodes sont malheureusement polluantes : les cercueils demandent beaucoup de bois, la thanatopraxie implique d'injecter des produits polluants dans le corps pour ralentir la décomposition, qui vont ensuite s'infiltrer dans le sol et les eaux, sans parler de la place qu'un corps peu prendre. Quant à la crémation, c'est un processus énergivore qui représente, à lui seul, une forte dose de pollution.

De l'art de rester vert après sa mort

Pendant longtemps, ces deux techniques ont été les seules à la disposition du public. Toutefois, une autre méthode devrait bientôt être disponible à travers le monde : celle de l'humusation. Le principe ? Donner son corps à l'écologie après sa mort, pour que ce dernier soit "recyclé" et puisse servir à nourrir à son tour la planète. La dépouille, enveloppée dans un simple linceul, est placée dans un lit végétal, recouverte d'un mélange de feuilles mortes et de paille. Sous l'effet de la décomposition et de la nature, le corps va petit à petit se transformer en un compost fertile, qui pourra par la suite être utilisé pour le bien-être des plantes. Ou comment retourner à la terre... au sens propre.

Un processus encore interdit en France

Si l'idée de l'humusation tente de plus en plus de personnes, pour lutter contre le désastre écologique que représentent les enterrements et les crémations, le processus n'est pas encore légal dans la plupart des pays du monde, à commencer par la France. Aux États-Unis, la technique a toutefois été approuvée et légalisée dans l'état de Washington. La première installation de compost humain devrait ouvrir en 2020 à Seattle. De son côté, la Belgique a débuté des expérimentations avant de réfléchir à légaliser ce système pas comme les autres.

Il faut dire que le fait de donner son corps à l'écologie représente un vrai effort pour réduire son empreinte environnementale, et alors que la planète souffre de plus en plus de la pollution, les écologistes sont nombreux à vouloir se tourner vers cette option qui permettrait de laisser la terre respirer. Robert Morez, fondateur des cahiers de l'agroécologie, qui milite depuis des années pour la légalisation de cette pratique, a même lancé une pétition en ligne pour que le gouvernement français s'intéresse de plus près à cette méthode. Même si la France n'est pas encore prête à la mettre en place.

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