E-Sport : qu'est-ce que c'est ?

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L'e-sport s'est démocratisé depuis quelques années, notamment en France.
L'e-sport s'est démocratisé depuis quelques années, notamment en France.
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© iStock, adamkaz
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Fabien Gallet

Si les grandes compétitions sportives sont suivies par des millions de téléspectateurs, un autre domaine attire de grosses audiences et met en jeu des sommes pharaoniques : l'e-sport (contraction de "sport électronique"). Cela ne vous dit rien ? Voici de quoi vous mettre à la page.

Le jeu vidéo a séduit le public dans les années 1970 avant de s'imposer comme une industrie majeure les décennies suivantes. Très vite, les amateurs ont donc désiré s'affronter sur leurs jeux préférés. Ainsi est né l'e-sport.

Des compétitions devant un écran

Selon la définition de France Esports, association réunissant les grands acteurs du secteur, l'e-sport désigne "l'ensemble des pratiques permettant à des joueurs de confronter leur niveau par l'intermédiaire d'un support électronique, et essentiellement le jeu vidéo, et ce quel que soit le type de jeu ou la plateforme (ordinateur, console ou tablette)". Le mot a même fait son apparition dans l'édition 2018 du dictionnaire Larousse.

En ligne via Internet ou non, les joueurs peuvent jouer seuls ou en équipe devant leurs écrans, directement chez eux ou lors d'événements spéciaux ouverts au public. Enfin, les parties sont souvent diffusées en direct (streaming) sur des plateformes comme Twitch ou Mixer.

Qui sont les "e-sportifs" et à quoi jouent-ils ?

L'e-sport n'est pas réservé à une élite. Tout le monde peut s'y mettre. Les compétitions sont ouvertes aux joueurs amateurs ou de loisirs. Un baromètre réalisé par Médiamétrie pour France Esports en 2018 affirme que 2 millions d'internautes pratiquent l'e-sport. Parmi ces joueurs, certains, professionnels, gagnent leur vie grâce à leur passion. Ces derniers bénéficient d'un statut à part entière grâce à la loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique.

Côté jeux, divers genres sont privilégiés : sport, jeu d'arènes de bataille, de tir ou encore de cartes. En 2018, selon France Esports, les trois jeux majeurs étaient Fifa 2018 (football), League of Legends (arènes) et Call of Duty WWII (tir). Suivaient Counter Strike, Global Defensive (tir) ou encore le carton qu'est Fortnite (arènes).

Une pratique fédératrice

Depuis quelques années, l'e-sport s'impose et bénéficie d'une reconnaissance réelle, en France comme dans le reste du monde. Plus de 5 millions de Français sont des consommateurs d'e-sport, soit 12% des internautes, d'après le baromètre qui montre que la pratique est fortement masculine (72%), mais intragénérationnelle (33% ont entre 35 et 49 ans). "Les jeux vidéo font partie intégrante des pratiques culturelles des Français. Nous travaillons (...) pour faire de l'eSport, une pratique sportive", confiait Mounir Mahjoubi, ex-secrétaire d'État en charge du Numérique, pour les besoins du baromètre. Il faudra toutefois attendre avant de voir cette discipline débarquer aux J.O., le Comité International Olympique ayant annoncé, fin 2018 que son ajout pour les jeux 2024 serait "prématuré".

Des millions en jeu

Il faut dire que les compétitions dédiées au 10e art sont des mines d'or. D'une part pour les joueurs car, selon le site E-sports Earnings, la dotation moyenne d'un tournoi s'établissait à près de 40 000 euros en 2018, soit 30% de plus qu'en 2017. Un joueur français, Sébastien Debs, a d'ailleurs récolté plus d'un million d'euros l'an passé grâce aux divers tournois internationaux. D'autre part, pour l'État et les marques qui endorsent les joueurs - à l'image des sponsors des grands sportifs - ou organisent des compétitions.

À en croire une analyse menée en 2018 par SuperData Research pour la firme Paypal, c'est la Russie qui engrangera le plus de recettes en 2019 (45 millions d'euros), devant la Suède (37 millions) et... la France (26 millions) !

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