Walden ou la vie dans les bois, livre qui a inspiré l'aventurier d'Into the Wild

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Emile Hirsch interprète l'aventurier Christopher McCandless dans "Into the Wild" (2008) de Sean Penn.
Emile Hirsch interprète l'aventurier Christopher McCandless dans "Into the Wild" (2008) de Sean Penn.
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© DR, Paramount Vantage

En 2008, le comédien Emile Hirsch ébranle le public en redonnant vie à l'exalté Christopher McCandless dans "Into the Wild". Cette oeuvre transportante raconte le véritable périple d'un jeune aventurier en pleine nature, influencé par les écrits de Henry David Thoreau (1817-1862).

"Plutôt que l'amour, la gloire, l'argent, la loyauté, la justice, donnez-moi la vérité". Telle est l'une des citations tirée du livre "Walden ou la vie dans les bois", mise en exergue par le réalisateur Sean Penn dans son long-métrage culte "Into the Wild". L'ouvrage référencé est le récit de la propre expérimentation en autarcie de son auteur Henry David Thoreau, dès mars 1945.

Thoreau, l'autosuffisant et anticonformiste

Dans une cabane construite de ses propres mains au bord de l'étang de Walden dans le Massachusetts, l'homme passe deux ans, deux mois et deux jours au plus proche de la nature. Son envie de retourner aux choses simples, aux fondamentaux, est un pied de nez à l'industrialisation des États-Unis. "Je voulais vivre intentionnellement, me confronter uniquement aux faits essentiels de la vie, et voir si je ne pouvais pas apprendre ce qu'elle avait à enseigner et ne pas, au moment de mourir, découvrir que je n'avais pas vécu. Je voulais vivre profondément et sucer toute la moelle de la vie, vivre de façon si rudimentaire et spartiate que tout ce qui n'était pas la vie serait mis en déroute", écrit-il.

En se coupant presque totalement de la civilisation et en s'éloignant des obligations sociales, l'écrivain découvre la vie d'un oeil nouveau. Ses privations lui offrent une liberté, une indépendance vis-à-vis de la société mais aussi une reconnexion assurée à la terre. Paru en 1854, ce texte majeur de cette figure littéraire incontournable outre-Atlantique, moins reconnue en Europe, est devenu un manifeste de la contre-culture, un hymne épicurien mais aussi la bible des grands voyageurs et écologistes modernes. Parmi ses lecteurs se compte un certain Christopher McCandless. En 1990, ce dernier se décide à mettre en pratique les leçons apprises du philosophe.

La vie à l'état sauvage en application par Christopher McCandless

Issu d'une famille bourgeoise, ce jeune idéaliste californien dévore les livres de Henry David Thoreau, de son mentor Ralph Waldo Emerson ou encore de Jack London. "Il pouvait les citer dans pratiquement toutes les circonstances", s'exclame l'actrice interprétant sa soeur Carine dans le biopic. Du premier, il lit d'abord "La Désobéissance civile" (1849) qui inspira à Mahatma Gandhi le principe de non-violence. Grâce à eux, il s'évade d'un environnement familial toxique. Après sa remise de diplôme, "Chris" fait don de toutes ses économies à une association humanitaire avant de partir pour l'inconnu.

L'aventurier prend soin d'emmener de la lecture dans son sac à dos, comme "Walden ou la vie dans la bois" dont l'esprit critique à l'égard du consumérisme fait écho en lui. À maintes reprises, le récit initiatique est cité ou visible (plans sur les pages) dans le film. Retiré dans la nature, il recherche la même "vérité" que l'auteur, à plus d'un siècle d'écart. Le jeune homme traverse l'Amérique, le Canada et finit sa route sur la désormais mythique piste Stampede en Alaska. Après avoir consommé une plante toxique, celui qui se fait surnommer Alexander Supertramp est retrouvé mort en 1992 dans un bus abandonné, devenu emblématique et renommé "Magic Bus". Il avait 24 ans. Son histoire est relatée par Jon Krakauer dans "Voyage au bout de la solitude" (1996) avant d'être portée à l'écran. Pour plusieurs générations, il devient, comme Henry David Thoreau, un symbole libertaire.

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