Retour sur 2020 : pourquoi a-t-elle été l'année noire de la culture ?

Chargement en cours
Dès mai 2020, le ministère de la Culture prévoyait une perte de 9,4 milliards d'euros.  Manifestation à Paris contre la fermeture prolongée des lieux de culture, mardi 15 décembre 2020.
Dès mai 2020, le ministère de la Culture prévoyait une perte de 9,4 milliards d'euros. Manifestation à Paris contre la fermeture prolongée des lieux de culture, mardi 15 décembre 2020.
1/2
© Sipa, Céline Bregand

La pandémie due au coronavirus a provoqué une grave crise internationale impactant violemment tous les secteurs de la culture. La musique, le cinéma, les spectacles vivants, l'architecture, l'audiovisuel, le patrimoine, l'édition sont tous enfermés dans le même panier en dépérissement depuis mars 2020. Une tragédie qui n'a toujours pas d'acte final et d'horizon lumineux pour les travailleurs concernés. Explications.

Dès mai 2020, dans son "analyse de l'impact attendu dans les secteurs culturel", le ministère de la Culture présumait un chiffre d'affaires de -74% pour le spectacle vivant, -42% pour le patrimoine, -37% pour les arts visuels, -30% pour l'architecture, -27% pour les agences de publicité, -25% pour le livre, -21% pour l'audiovisuel et le cinéma (une perte estimée à deux milliards d'euros amortie par la télévision et les plateformes de streaming), -17% pour la musique enregistrée, -14% pour la presse et -13% pour l'enseignement culturel (la plus faible baisse équivalant tout de même à 43 millions d'euros de perte). Seul le jeu vidéo s'en sort avec une augmentation de 10% causée par le confinement.

Cette étude printanière, qui espérait alors un retour à la normale pour les fêtes de fin d'année, supputait une perte globale de valeur ajoutée évaluée à 9,46 milliards d'euros. Si les tournages ont pu reprendre et les petits commerçants peuvent désormais ouvrir leurs portes en respectant des règles sanitaires strictes, les salles sont forcées de garder leurs portes closes et les artistes (comédiens, musiciens, peintres, dessinateurs, circassiens, techniciens et autres) sont privés de vivre de leur métier. Les musées et les autres lieux culturels sont également soumis à la même interdiction d'accueillir du public.

La culture mise au ban : l'année 2021 permettra-t-elle de remonter la pente ?

Alors que les grands magasins, qui disposent majoritairement d'un site de ventes en ligne qui leur empêchent de subir les impacts économiques de cette période difficile, réunissent des foules de badauds, la culture est muselée par le gouvernement qui la juge "non-essentielle". Un comble dans le pays de la liberté d'expression et une incompréhension aberrante pour ces domaines d'activités en souffrance qui ne cessent d'appeler à l'aide. "La perte de chiffre d'affaires dans les 44 000 monuments historiques français (châteaux, musées, monuments divers) est de plus de 50% sur l'année 2020 (malgré les 4% d'augmentation du budget du ministère de la Culture, ndlr) en raison de la pandémie du Covid-19, a évalué jeudi 17 décembre la société de billetterie en ligne Patrivia. Ces monuments (classés ou inscrits) avaient l'espoir d'atténuer leurs pertes pendant les fêtes de fin d'année, qui représentent jusqu'à 30% du chiffre d'affaires annuel, mais la fermeture des lieux culturels jusqu'au début janvier a douché leurs espoirs", partage France TV Info.

Alors que les cinémas comptaient sur une réouverture prévue le 15 décembre dernier, la douche a été glaciale. Les salles resteront obscures et Le Figaro dévoile les conséquences chiffrées de cette prise de décision : "Inutile d'attendre le 31 décembre pour savoir que le bilan de la saison passée se révèle catastrophique. Avec un peu moins de 65 millions d'entrées selon le CNC, le millésime 2020, en recul de 70 % comparé à l'an dernier, signe un triste record. Du jamais-vu depuis des décennies. Même durant la Seconde Guerre mondiale, les salles réussissaient à écouler 255 millions de tickets en 1940, quasiment 305 millions en 1943..." Tant espérée, la reprise de l'activité normale est perpétuellement retardée. La florissante production des artistes et les visites du beau patrimoine tricolore attendent désespérément leurs publics. Pour 2021, les métiers de la culture feront le même voeu.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.