Procès de Charlie Hebdo : 3 choses à savoir sur le dessin de presse

Procès de Charlie Hebdo : 3 choses à savoir sur le dessin de presse
La Une de Charlie Hebdo du 2 septembre 2020, jour d'ouverture du procès des attentats de janvier 2015 dont la rédaction du magazine fut victime.

Les dessinateurs de presse, à la fois artistes et journalistes, proposent un traitement de l'actualité de manière illustrée et humoristique. Alors que le procès des attentats de janvier 2015, comprenant le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo, est en cours, il apparaît comme nécessaire de rappeler l'histoire et les objectifs de ces oeuvres crayonnées.

Un combat pour l'expression débuté avec la Révolution française

La Révolution française (1789) stimule les âmes rebelles. Au grand malheur des têtes couronnées et des politiciens, les caricatures foisonnent dans les gazettes de l'époque. De sévères mesures sont prises à l'encontre des dessinateurs de presse comme Honoré Daumier, jugé irrévérencieux. Après avoir croqué Louis-Philippe sous les traits de Gargantua, l'homme est envoyé en prison pour six mois. Ce qui n'empêche pas à de célèbres journaux, comme Le Charivari ou La Caricature, de voir le jour contre toute attente. En juillet 1881, la loi sur la liberté de la presse redonne les pleins pouvoirs d'expression à ces artistes. La satire peut ouvertement être politique, religieuse et sociale.

Le dessin de presse, éclipsé par l'avènement de la photographie

Le dessin s'invite partout dans la presse. Avec ironie, il capte l'attention, éveille un esprit critique et pousse à la réflexion. Les illustrations se nourrissent des grands événements historiques et des polémiques, de l'affaire Dreyfus en passant par la guerre froide. Ils évoquent les conflits géopolitiques comme tout autre sujet, à l'image des problèmes environnementaux. Journal emblématique dans l'histoire du dessin de presse, Le Canard enchaîné est conçu en 1915. L'âge d'or de ce vecteur d'informations prend bientôt fin. L'utilisation de clichés photographiques se démocratise, au détriment du dessin qui commence à être boudé dès les années 1950. Autre référence du milieu, le magazine Hara-Kiri de François Cavanna et du Professeur Choron fait le succès des kiosques dès sa création en 1960. Ces mêmes fondateurs vont lancer Charlie Hebdo en 1970.

Encore permis de rire de tout ? Les dessinateurs font front

Le Monde (avec Plantu), Le Figaro, Libération, Le Nouvel Observateur publient régulièrement des dessins de presse qui font sensation. Charlie Hebdo a choisi d'en faire sa marque de fabrique, devenant le spécialiste dans ce domaine en mêlant dessins à l'humour noir et journalisme d'investigation. Le 7 janvier 2015, l'équipe du journal est décimée. Plusieurs personnes meurent sous les balles des terroristes dont les dessinateurs Charb, Cabu, Wolinski, Honoré et Tignous. Lors d'une conférence de presse en mars 2010, ce dernier avait expliqué : "Un dessin réussi prête à rire. Quand il est vraiment réussi, il prête à penser. S'il prête à rire et à penser, alors c'est un excellent dessin." Comme beaucoup de médias relayant des caricatures, Charlie Hebdo a repris ses activités et ses stylos mais reste sous le feu de certaines critiques. La Cour d'assises spéciale du Tribunal de Paris a ouvert, mercredi 2 septembre, le procès des attentats commis qui prévoit 49 jours d'audience.

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