Pourquoi les naufrages fascinent-ils autant ?

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Plus de cent ans après son naufrage, le Titanic fascine toujours autant.
Plus de cent ans après son naufrage, le Titanic fascine toujours autant.
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© Sipa, REX FEATURES

Que ce soit pour des naufrages spectaculaires ou en hommage aux milliers de victimes, l'humain se fascine pour ces disparitions maritimes.

La mer est imprévisible, les navires voguant au travers des vagues ne sont jamais à l'abri d'une tempête, d'un iceberg ou de courants marins inattendus. De ce fait, les marins, hommes et femmes d'équipage et les vacanciers en croisière ne peuvent en aucun cas avoir l'assurance d'un voyage sans vagues. Et face à la mer, les nombreux navires, peu importe leur taille, se trouvent impuissants. Sur Terre, à chaque naufrage les populations ont les yeux rivés sur les journaux. La mer est si mystérieuse que l'Homme se prend au jeu de tenter de la comprendre. Si le naufrage le plus "populaire" est sans aucun doute celui du Titanic, qui a inspiré, films, documentaires, expositions, livres, nombreux sont ceux a avoir attiré l'attention. Tout comme les catastrophes aériennes, les naufrages sont rares. Conséquence : lorsqu'ils se produisent, l'actualité s'empare du drame.

"La naufrage du Titanic a probablement eu sur les esprits à l'époque le même impact que les attentats du 11 septembre"

En 1912, le Titanic se perd dans les eaux de l'Atlantique Nord. Entre 1 490 et 1 520 personnes perdent la vie, et est ainsi devenu l'une des plus grandes catastrophes maritimes survenues en temps de paix. Plus de cent ans après, l'histoire du Titanic reste encore de ces mythes qui nous fascine. Car ce triste jour est le simple récit de coïncidences provoquées par l'Homme. "La naufrage du Titanic a probablement eu sur les esprits à l'époque le même impact que les attentats du 11 septembre", explique Philip Littlejohn, le petit-fils d'un steward qui a survécu au drame, au Point. En effet, l'Homme n'est pas fait pour être seul, et si nombreux sont ceux à se rapprocher des personnes venant de la même culture, lorsqu'un drame tel que celui du 11 septembre 2001 ou encore les attentats de Charlie Hebdo se déroule, la planète s'attriste de la perte humaine. On parle ici d'une histoire qui ne prend pas ses origines au début du XXe siècle mais bien avant.

Les oeuvres qui s'en inspirent

En 1771, un navire français transportant une cargaison clandestine d'esclaves s'échoue sur une île perdue de l'Océan Indien. Si au départ, tous doivent vivre ensemble, l'équipage finit par se construire un bateau de fortune et promet de revenir. Sur les 60 esclaves, seul sept femmes et un bébé ont survécu à ces 15 ans abandonnés sur une île d'à peine 1km2. Cette histoire, Irène Frain la raconte dans son livre "Les naufragés de l'île de Tromelin". Nathalie Meyer-Sablé sort en 2004, "Naufrages et aventures en mer : de l'Antiquité à nos jours", qu'elle narre ainsi : "Les histoires de naufrages ont fasciné et fascinent encore. Mais le naufrage ne peut pas être dissocié de l'histoire générale de la navigation et de l'histoire de ces nombreux aventuriers qui sont partis à la recherche soit de nouvelles terres, soit de nouvelles routes... De l'Antiquité à nos jours, ce livre, riche d'anecdotes et de récits étonnants, est aussi une histoire de navigation et de ces hommes qui sont toujours repartis malgré le danger." Aussi, le célèbre tableau de Théodore Géricault (1791 - 1824), "Le Radeau de La Méduse", représente un épisode tragique de l'histoire de la marine coloniale française : le naufrage de la frégate Méduse, qui s'est échouée le 2 juillet 1816 sur un banc de sable. Différentes oeuvres culturelles, les médias mais aussi la compassion humaine offrent aux naufrages une fascination qui n'est pas prête de sombrer.

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