Pourquoi les clowns font-ils si peur ?

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Joaquin Phoenix dans le film "Joker" de Todd Phillips.
Joaquin Phoenix dans le film "Joker" de Todd Phillips.
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© DR, TM & © DC Comics / Niko Tavernise

Jessica Xavier

Ils sont censés nous faire rire et pourtant, avec leur perruque et leur gros nez rouge, les clowns en effraient plus d'un(e). Zoom sur cette phobie qui porte même un nom : la coulrophobie.

Le clown, ce n'est pas forcément le gentil bonhomme farceur qui se démène au cirque. C'est aussi le personnage machiavélique du roman "Ça" de Stephen King et du célèbre "Joker" de Batman, dont le film sur les origines cartonne actuellement au cinéma, avec Joaquin Phoenix dans le rôle titre. Le clown, dans l'imagerie populaire, est tantôt sympathique, tantôt démoniaque : de quoi semer le trouble et faire naître quelques angoisses.

La coulrophobie ou la peur des clowns

La peur des clowns touche aussi bien les enfants que les adultes. Elle se traduit par de l'affolement, une montée de stress ou encore un sentiment de crainte à la vue du personnage au nez rouge. Une phobie bien connue mais pas vraiment étudiée, sans doute parce qu'elle n'est pas trop impactante au quotidien. Les clowns ne courant pas les rues, le risque d'en croiser un en vrai, et d'être en proie à des angoisses, est en effet plutôt faible.

D'où vient la peur des clowns ?

À l'origine, le clown était seulement inoffensif. Il s'agissait du bouffon du roi, un peu ridicule, toujours là pour faire rire. De nos jours, il est même invité pour redonner le sourire aux enfants hospitalisés. Alors comment la bascule du côté obscur a-t-elle pu opérer ?

La peur n'est pas forcément irrationnelle, surtout chez les enfants. D'après le professeur Antoine Pelissolo, chef du service de psychiatrie de l'hôpital Henri-Mondor à Créteil, qui répondait au journal Libération, la crainte chez l'enfant résulterait du maquillage qui cache le visage : "Quand on ne parvient pas à décoder le visage d'une personne, on la perçoit comme menaçante." La peur peut aussi être liée à un souvenir traumatisant, un parent déguisé en clown à une fête par exemple.

Chez l'enfant comme chez l'adulte, la crainte peut naître de l'image véhiculée par les histoires que l'on se raconte, les mythes et croyances. Il aura suffit notamment de quelques romans et films pour mettre à mal la réputation de gentil idiot utile qu'avait le clown. La coulrophobie peut reposer sur l'image horrifiante des clowns dépeintes dans la littérature (chez Stephen King, Charles Dickens) ou au cinéma. Mais parfois, la réalité rattrape la fiction. Notamment aux États-Unis, où le célèbre tueur en série John Wayne Gacy, auteur de 33 meurtres de jeunes hommes dans les années 1970, était clown de profession. De quoi raviver les angoisses les plus tenaces.

Comment ne plus avoir peur des clowns ?

La coulrophobie s'atténue généralement avec l'entrée dans l'âge adulte. Mais elle peut aussi persister. Dans ce cas, il est recommandé de faire face à sa peur. Le film "Ça : Chapitre 2" peut être l'occasion de se confronter au personnage au sourire inquiétant, au teint blafard et à la perruque rouge. Sinon, replongez-vous dans la littérature et dans de vieux films : l'important est de ne pas occulter votre peur au risque de l'alimenter. Et souvenez-vous qu'une étude italienne révélait en janvier 2013, dans le Journal of Health Psychology, que les enfants hospitalisés qui suivaient une thérapie avec des clowns voyaient leur niveau de stress diminuer avant une opération. Un personnage qui a de tels pouvoirs ne peut pas être maléfique !

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