Pourquoi faire la bise est-il ancré dans les moeurs ?

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Se faire la bise a longtemps été une tradition française.
Se faire la bise a longtemps été une tradition française.
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C'est une tradition française qui a le don d'étonner à l'étranger. En France, pour se dire bonjour, on se fait la bise. Mais d'où vient cette tradition qui est si ancrée dans les moeurs, alors que tant de personnes ne l'apprécient pas spécialement ?

Selon les régions, il faut s'en faire une, deux, trois ou quatre, en partant de la joue gauche ou de la joue droite. La bise est une habitude pour se dire bonjour entre personnes qui se connaissent, plus familière que le fait de se serrer la main, mais moins intime que de se faire un câlin. Traditionnelle, elle est pourtant décriée par de nombreuses personnes qui la trouvent sexiste - elle est en effet plus généralement imposée aux femmes qu'aux hommes -, et aujourd'hui, gestes barrières obligent, elle commence à tomber aux oubliettes. Pour de bon ? À voir. Car cette habitude est largement ancrée dans les moeurs françaises.

Une pratique qui ne date pas d'hier

Si les historiens et autres anthropologues ont bien du mal à déterminer avec précision la naissance de la bise, cette dernière existe depuis bien longtemps. Elle est notamment mentionnée dans l'Antiquité, dans différents pays comme en Inde ou encore chez nos voisins italiens. À Rome, il y a des centaines d'années, elle était en effet considérée comme un code social ultra-sophistiqué. À l'époque, il existait trois types de bises différents : osculum pour le baiser solennel, saevium pour une version plus sensuelle, et baesium, qui représente une sorte d'entre-deux, et dont le nom est à l'origine de notre bise moderne. Ces "bises" se déposaient alors sur les mains, les joues ou les lèvres, selon la proximité entre les deux personnes qui se saluaient.

Le fait de s'embrasser pour se saluer s'est ensuite précisé au Moyen-Âge, devenant un signe d'affection entre les personnes qui ne se sont pas vues depuis longtemps, ou entre membres d'une même famille. Pas question de faire la bise à un étranger, comme cela peut être le cas de nos jours pour se dire bonjour... Au grand dam des plus timides.

Un geste rituel qui rythme une rencontre

De nos jours, la bise a bien évolué. Elle diffère en fonction des régions, des habitudes de chacun, mais elle est toujours utilisée comme un mode de salutation, pour se dire bonjour comme pour se dire au revoir. Et selon les spécialistes du sujet, son intérêt est principalement rituel : s'embrasser permet de marquer de façon claire et nette le début et la fin d'une rencontre. La bise est également un symbole de reconnaissance : traditionnellement, elle s'échange entre personnes qui se connaissent et qui s'apprécient, au contraire de la poignée de main, plus solennelle et utilisée dans le monde du travail.

C'est une sorte de signe d'appartenance à un même groupe, en somme. Et dans un pays comme la France, qui possède une vraie culture du contact - contrairement à l'Asie, par exemple - elle s'est imposée comme une véritable tradition à laquelle tout le monde ou presque se plie, même ceux qui n'apprécient pas le geste. Ces derniers sont d'ailleurs ravis de voir que la bise a (presque) disparu depuis l'apparition du coronavirus.

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