Louise, Lucien, Emile... pourquoi les prénoms rétro sont-ils à la mode ?

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La tendance est au vintage même chez les bébés.
La tendance est au vintage même chez les bébés.
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© Adobe Stock, pololia

En 2011, Marion Cotillard et Guillaume Canet décidaient d'appeler leur fils Marcel. D'autres stars leur ont ensuite emboîté le pas, comme Alessandra Sublet qui, elle, choisissait Alphonse pour son fils cadet trois ans plus tard. Et même chez les parents "lambdas", les prénoms anciens séduisent de plus en plus. Comment expliquer ce retour en grâce de prénoms longtemps désuets ?

En octobre 2017, l'officiel des prénoms dévoilait les prénoms les plus attendus en 2018 selon les statistiques de l'Insee. Dans le top 10 féminin, on trouvait : Louise, Emma, Jade, Chloé, Alice, Léa, Manon, Inès, et dans le top 10 masculin : Gabriel, Raphaël, Jules, Léo, Lucas, Adam, Louis, Liam, Ethan, Hugo. Parmi cette liste, les prénoms comme Louise et Manon ou encore les très bibliques Gabriel et Raphaël datent de plusieurs siècles.

Le goût plutôt que la tradition

Il y a seulement quelques générations, les prénoms étaient un symbole d'héritage. On donnait souvent à l'enfant le prénom du grand-père, de la grand-mère, du parrain ou de la marraine. Aujourd'hui, cette pratique a disparu et les parents donnent des prénoms ancrés dans leur époque. Car si les prénoms rétro sont à la mode, ils ne le resteront pas longtemps. Cette vague d'Emma, Gabriel et Jules finira par être emportée par une autre vague de prénoms d'ici quelques années. Les prénoms marquent d'ailleurs profondément leur époque, comme les Kévin qui représentent les années 1990 et les Michel et les Brigitte les années 1950-1960.

Le prénom comme marqueur social

Le prénom que l'on donne à son enfant est aussi un signe clair de la classe sociale à laquelle on appartient. Baptiste Coulmont, sociologue et auteur de "Sociologie des prénoms" ( éd. La découverte) expliquait à Notre Temps en 2017 : "Aujourd'hui, des prénoms sont propres à un milieu, et évités par les autres. Ainsi trouvons-nous des Aliénor et des Côme essentiellement dans les milieux privilégiés, et des Nolan ou des Maylis chez les classes moyennes." Les prénoms désuets ont donc d'abord été donnés par les CSP+, avant de devenir populaires au bout de quelques années. "Les personnes qui choisissent un prénom pour sa rareté (plutôt les classes privilégiées) l'abandonnent dès qu'il devient plus commun. Les autres prennent alors le relais. Ce sont généralement les cadres qui lancent la mode, suivis de près par les professions intermédiaires(professeurs des écoles, infirmiers, assistantes...). Les ouvriers et les agriculteurs adoptent ces prénoms plus tardivement et plus longtemps", détaille le sociologue.

Une influence culturelle ?

Si dans les années 1990, certains prénoms ont connus une ascension fulgurante, à l'instar des Kevin (que l'on doit à "Maman j'ai raté l'avion" et à Kevin Costner ) et des Allison (d'après la chanson de Jordy), les prénoms rétro connaissent eux une évolution normale, sans pic d'accélération, comme le montrent les chiffres de l'Insee sur plusieurs années. Cela s'explique par le fait que ces prénoms ne sont pas devenus tendance suite à un élément déclencheur, contrairement aux prénoms inspirés de films et séries américaines qui ont crée des phénomènes sur une courte durée.

Malgré tout, il faut rester mesuré. Si en 2017, par exemple, le prénom Louise était l'un des plus donnés, il ne représentait en réalité que 1% des filles.

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