Land art : quel est cet art qui prend forme en pleine nature ?

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Le land artiste doit accepter que l'oeuvre appartienne au site naturel et qu'elle soit éphémère.  Installation de l'art environnemental de Christo "Surrounded Islands" à Miami (Floride) en mai 1983.
Le land artiste doit accepter que l'oeuvre appartienne au site naturel et qu'elle soit éphémère. Installation de l'art environnemental de Christo "Surrounded Islands" à Miami (Floride) en mai 1983.
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© DR, Kathy Willens/AP

Trop peu connu, le land art est une forme d'art contemporain qui tisse un rapport respectueux avec la nature. Zoom sur ces oeuvres qui éveillent la sensibilité écologique !

Grâce au land art, autrement appelé "nature art" ou "earth art", la création entre en harmonie avec la nature. Avec la volonté de sortir l'art des musées, le concept apparaît dans le désertique Ouest américain dans les années 1960. Michael Heizer, un des premiers représentants alors âgé d'une vingtaine d'années, s'exclame : "Je pense que la Terre est le matériau ayant le plus fort potentiel car elle est à l'origine de tout matériau." L'idée est lancée. Des artistes en tout genre, de l'architecte au plasticien, prennent les grands espaces naturels pour inspiration première. Les paysages des forêts, mers, montagnes ou encore des champs sont travaillés in situ, dans le respect imposé de l'environnement.

Presque tout le matériel est à portée de main de chacun

Pour le Suisse Sylvain Meyer, le land art rend "un lieu surnaturel en utilisant ce qu'on trouve dans les environs", comme il l'explique sur sa page Flickr. Les oeuvres sont principalement élaborées grâce aux cadeaux de la nature comme le bois, la pierre, le sable, la terre ou les fleurs. En plein air sont ainsi disposées des structures en bambou et coquillages ou encore des installations à base de feuilles et tout autre type de végétaux. L'utilisation de produits manufacturés, comme les supports ou les tissus, est admise. La matière peut être peinte, sculptée, tracée, creusée, plantée ... L'imagination a tous les droits tant que le résultat s'intègre au lieu, le métamorphose sans le dégrader. L'artiste doit accepter que l'oeuvre appartienne au site et qu'elle soit éphémère, la nature pouvant reprendre ses droits et l'altérer.

Un art éphémère soumis aux intempéries

Prendre des photographies pour immortaliser l'acte artistique avant sa probable destruction s'inscrit dans la démarche du land art. "Chaque oeuvre pousse, subsiste, se dégrade, composantes intégrales d'un cycle que le photographe montre à leur point culminant, balisant le moment où l'oeuvre est la plus vivante. Il y a une intensité dans une oeuvre à son sommet qui, j'espère, s'exprime dans l'image. L'évolution et le délabrement sont implicites", explique l'un des pionniers, Andy Goldsworthy.

D'autres grands noms à admirer

Avec son oeuvre "Spiral Jetty", une spirale de pierres formée sur 450 mètres, Robert Smithson est l'un des premiers à avoir embrassé le caractère sauvage des surfaces diverses et variées du globe. Le sculpteur Nils Udo est, lui, reconnu à l'international pour avoir construit de nombreux nids géants qui laissent rêveurs. Habitué des oeuvres monumentales, le duo Christo et Jeanne-Claude a notamment conçu "Surrounded Islands", trois ans d'exécution périlleuse avec l'aide de biologistes marins et d'ornithologues pour encercler sept îles inhabitées de polypropylène.

Les artistes Liz Castro et Heather Jansch poursuivent aussi une longue chevauchée artistique. La première élève des équidés végétalisés, visibles au jardin botanique de Montréal, tandis que la seconde fait galoper ses chevaux de bois le long des plages du monde entier. De son côté, Nicole Dextras, plusieurs fois récompensée, préfère jouer avec la glace. Pour élaborer son installation de deux mètres "View", elle a laissé geler un coffrage en bois, taillé en forme de lettres, au bord d'un lac canadien. De l'art écologique !

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