L'Unesco s'inquiète : un musée sur dix pourrait définitivement fermer

L'Unesco s'inquiète : un musée sur dix pourrait définitivement fermer
Le Musée Royal des Beaux-Arts de Belgique s'apprête à rouvrir au public à Bruxelles, le 7 mai 2020.

Le sous-directeur général de la culture à l'Unesco a lancé un signal d'alarme, mardi 19 mai 2020 sur les ondes d'Europe 1, au sujet des conséquences dramatiques de la crise sanitaire sur les musées.

Le confinement, causé par la pandémie due au coronavirus, a réduit à néant l'offre culturelle mondiale. Les divers lieux et institutions ont désespérément multiplié les initiatives en ligne. Alors que la vie reprend lentement son cours, les réouvertures sont au coeur des questionnements des professionnels. Les plus petits établissement ont, depuis le 11 mai, la possibilité d'accueillir à nouveau des visiteurs. Mais viendront-ils ? En attendant, les grands doivent patienter ! Pour Ernesto Ottone, le sous-directeur général de la culture à l'Unesco, a fait part de son inquiétude justifiée au micro d'Europe 1. L'homme estime que plus d'un musée sur dix ne pourraient pas rouvrir dans le monde : "Ce sera faute de moyen d'un côté, et de l'autre parce qu'il va falloir se réinventer."

"Il va falloir trouver de nouvelles façons de montrer le patrimoine"

Parmi les 98% des musées touchés par la crise, ceux disposant d'une faible superficie ou d'une structure ancienne n'ont pas la possibilité de respecter les règles de distanciation par manque d'espace. Les plus célèbres d'entre eux, comme le Louvre ou le MoMa, ont les fonds financiers pour faire front et miser sur l'appui de la technologie. L'inégalité se fait sentir : "Moins de 1% des musées en Afrique ont pu s'équiper de ce type de technologie (...) Un musée qui ne peut pas montrer ses collections est un musée amputé." Ernesto Ottone a tenu à évoquer l'exemple de licenciement massif dans les institutions américaines : "Cela a notamment eu lieu au sein des départements d'éducation. Tout ce qui a été fait depuis 15 ans pour former et faire de la médiation est remis en question par le manque de financement..." Un constat : "Il va falloir trouver de nouvelles façons de montrer le patrimoine." Et ce n'est pas gagné...

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