L'art contemporain : un business lucratif !

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Le "Balloon Dog" de Jeff Koons au Broad Museum de Los Angeles, aux États-Unis, le 5 mai 2017.
Le "Balloon Dog" de Jeff Koons au Broad Museum de Los Angeles, aux États-Unis, le 5 mai 2017.
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© Getty Images, Santi Visalli

Bien sûr, l'art contemporain s'expose. Mais il s'achète aussi, parfois pour des sommes astronomiques. À l'occasion de la Fiac, la Foire internationale d'art contemporain, de retour à Paris du 18 au 21 octobre 2018, zoom sur cet art très lucratif.

58,4 millions de dollars. C'est le prix auquel le "Balloon Dog" orange de Jeff Koons s'est vendu en 2013, faisant de lui l'artiste vivant le plus cher du monde. Un titre qu'il pourrait pourtant perdre au profit de David Hockney dont le "Portrait of an Artist (Pool with Two Figures)" - "l'une des plus grandes oeuvres d'art de l'ère moderne" selon Alex Rotter, le co-président de l'art contemporain et de l'après-guerre chez Christie's -, sera mis en vente en novembre 2018. Si l'on est encore loin des sommes atteintes pour des oeuvres de Léonard de Vinci, par exemple, dont le "Salvator Mundi" a été adjugé à 450 millions de dollars en 2017, l'art contemporain est aujourd'hui un business, pas forcément accessible à tous.

Un investissement réservé aux plus riches ?

Pourtant, selon un sondage d'Opinion Way réalisée en 2017 pour la galerie d'art en ligne Artistics, 16% des Français ont déjà acquis une oeuvre d'art contemporain, et un sur quatre serait prêt à investir. Sans surprise, c'est le prix qui est le principal frein à l'achat. Alors qui sont les acheteurs ? À la Fiac, par exemple, ceux-ci viennent du monde entier, tant et si bien qu'une journée leur avait été dédiée avant l'ouverture au public en 2017. Des acheteurs qu'avaient rencontrés 20 minutes, comme Sergei Eleoussizov qui expliquait pourquoi cette foire séduisait autant : "Le cadre compte. (...) Quand on a passé une journée à Paris, qu'on a visité ses musées, mangé dans un de ses restaurants et dormi dans un de ses palaces, on se sent bien. (...) Et un acheteur d'art qui se sent bien est plus réceptif, plus enclin à s'émouvoir devant une oeuvre." Et donc à acheter. Un business d'autant plus juteux que le nombre de millionnaires et milliardaires augmente, comme en Inde et en Chine, soit autant de futurs acheteurs.

Une cote changeante

Posséder une oeuvre d'art est aussi une question de statut. Toujours à 20 Minutes, le conseiller d'un collectionneur indiquait : "Quand un collectionneur influent s'attarde près d'une oeuvre ne serait-ce que trois minutes à la Fiac, sa valeur double instantanément." Comme l'explique Aude de Kerros dans "L'Imposture de l'art contemporain", les galeries se sont associées pour faire monter le prix des oeuvres en se les échangeant dans les années 1960 et 1990, avant d'impliquer les collectionneurs, puis de cibler les médias. Elle cite à L'Express l'exemple de la sculpture du pape Jean-Paul II écrasé par une météorite de Maurizio Cattelan : "(Elle) a d'abord été exposée à Londres, dans une certaine indifférence. (...) Les agents de l'artiste l'ont montrée en Pologne, pays très catholique dont la population a manifesté sa réprobation". Résultat : l'oeuvre a fait la Une dans le monde entier et a vu sa cote passer de 1 à 3 millions d'euros.

Plus récemment, c'est "La petite fille au ballon" de Banksy qui a fait parler d'elle après que celle-ci se soit partiellement auto-détruite quelques secondes après sa vente, le 5 octobre dernier. Un coup de pub qui aurait doublé sa valeur selon un expert contacté par l'Evening Standard, mais qui lui aura aussi valu de changer de nom puisqu'elle s'appelle désormais "L'amour est dans la poubelle".

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