Fais-moi peur : pourquoi certaines personnes aiment-elles avoir la frousse ?

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Se faire peur n'est plaisant que lorsqu'on sait qu'on ne court en réalité aucun danger.
Se faire peur n'est plaisant que lorsqu'on sait qu'on ne court en réalité aucun danger.
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© Adobe Stock, MinDof

Soirée films d'horreur entre amis, visite de maisons hantées dans les parcs d'attractions, lecture d'histoires de fantômes sur Internet... Nombreuses sont les personnes à s'adonner à ce genre d'activités jouant sur nos peurs les plus profondes. Un attrait pour le frisson qui s'explique de plusieurs façons.

Se faire peur donne du plaisir

"La peur est une fonction normale de l'organisme, comme la douleur : elle nous sert de système d'alarme face aux dangers de notre environnement", explique le psychiatre Christophe André au site du magazine Psychologies. Et si, en temps normal, elle "ne se déclenche que face aux 'vrais' dangers", certains individus aiment se faire peur en regardant des films où il se passe des choses terrifiantes ou en se mettant dans des situations semblant dangereuses, telles que certains manèges à sensations fortes ou sports extrêmes, tout en sachant qu'elles sont en réalité sans danger. "Cela représente une sorte de piqûre de rappel pour s'assurer que nous sommes toujours capables de ressentir de la peur. Mais cela ne procure du plaisir que dans des conditions sécurisées : nous devons savoir que 'ce n'est qu'un film', ou qu'un élastique retiendra notre chute dans le vide...", précise Christophe André.

La notion de plaisir est d'ailleurs ici très importante et l'une des principales raisons qui poussent certaines personnes à rechercher la sensation de peur. Car face à une situation effrayante, notre organisme diffuse de l'endorphine, de la dopamine, de la sérotonine et de l'adrénaline, soit des hormones procurant du plaisir bien réel même si la situation n'est, elle, pas réellement dangereuse. C'est ainsi une simple question de chimie : la peur fait du bien et peut même parfois devenir addictive !

La peur, ça rapproche

Dans son livre "Scream : Chilling Adventures in the Science of Fear", la sociologue Margee Kerr explique que la peur peut aussi créer du lien social, une raison de plus pour la provoquer. "C'est un moment de lien social qui peut vraiment devenir magique. Nous savons que les liens tissés sous l'influence du stress sont souvent plus forts, notamment avec les personnes dont nous sommes proches. Donc, si vous sortez entre amis pour vivre un moment fort de plaisir mêlé à de la peur, vous vous créez des souvenirs plus riches et plus variés", indique-t-elle dans un article du Huffington Post.

Oublier le quotidien grâce à la peur

Un professeur de psychiatrie à l'université américaine Vanderbilt, David H. Zald, avance de son côté une autre raison à l'attrait de certains pour la peur, toujours dans le Huffington Post : elle permettrait de se changer complètement les idées. "Lorsque nous sommes effrayés nous sommes pleinement conscients, concentrés et dans l'instant. Nous ne sommes pas préoccupés à penser à ce qui s'est passé hier ou ce que nous avons à faire demain", confie-t-il. Vous regarderez bien un petit film d'horreur (comme par exemple le nouvel "Halloween" en salle à partir du 24 octobre 2018) pour oublier vos soucis ?

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