Drag-queen : zoom sur un vrai phénomène culturel

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Frankie Grande et les Ru Paul Drag Queens aux MTV Video Music Awards à New York, le 29 août 2016.
Frankie Grande et les Ru Paul Drag Queens aux MTV Video Music Awards à New York, le 29 août 2016.
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© Abaca, Doug Peters

Azza Kamaria

L'idée de drag-queen va souvent de paire avec celle des bars gays et d'un univers extravagant inconnu de beaucoup. Seulement, ces dernières années, le transformisme a pris davantage de place jusqu'à devenir un vrai phénomène de société.

Une drag-queen c'est quoi ?

"Drag-queen" est le terme utilisé depuis le XVIIIe siècle pour qualifier les hommes travestis et homosexuels qui laissaient traîner ("drag", en anglais) leurs jupes sur le sol. Dans les années 1990, le phénomène fait son grand retour dans le monde de la nuit. De nombreux hommes décident d'adopter les codes de la féminité de façon exagérée et souvent provocatrice afin de se libérer de l'obsession des genres. Ce mouvement s'exprime dans de nombreuses soirées à New York, Londres, Sydney et Paris, plus particulièrement dans le quartier de Pigalle avec le célébrissime cabaret Michou. Là-bas, des hommes se transforment le temps d'une soirée ou d'un spectacle, très souvent pour imiter des femmes célèbres de façon caricaturale. Néanmoins, les drag-queens restent des personnages qui inspirent le mystère et attisent la curiosité de part leurs looks exubérants, leurs talons vertigineux et leurs maquillages toujours hauts en couleur.

La drag-queen : une égérie populaire

Les années 2000 ont marqué une époque morose pour les drag-queens qui ont été considérées comme un mouvement has-been. La culture drag sera remise au goût du jour en 2009 grâce à l'émission de divertissement RuPaul's Drag Race, un concours de beauté sous forme de télé-réalité qui a pour but d'élire la prochaine star américaine du drag en soumettant différentes candidates à des épreuves toujours plus glamour. Après avoir connu un immense succès aux États-Unis, l'émission est arrivée en France en 2016, grâce à Netflix.

Dans un entretien accordé à StreetPress, Fabien Lesage, organisateur de show drag-queens à Paris (ndlr : JeudisBarrés), s'est souvenu : "J'ai regardé toutes les saisons. Ça me fascinait. J'ai même diffusé l'émission dans les afterworks gays que j'organisais à l'époque. C'était au fond du bar le Mastroquet, dans le 12e arrondissement. J'ai organisé ça comme un ciné avec un écran géant et des chaises. On était les seuls à faire ça à Paris alors que tous les bars des États-Unis les diffusaient en direct !".

Selon lui, "La culture drag-queen n'est plus tant une histoire de militantisme. C'est juste un art qui s'exprime." Et pour cause, les drag-queens sont plus que jamais mises à l'honneur par l'industrie de la mode, des campagnes publicitaires aux défilés.

La maison Prada a choisi de faire de la drag-queen Violet Chachki l'égérie de sa collection automne/hiver 2018. Cette dernière, gagnante de la saison 7 de RuPaul's Drag Race, était également sur le podium de Moschino où elle a paradé en corset et collants résille et aux premiers rangs des défilés Couture. Un constat similaire pour Miss Fame, qui, en 2016, montait les marches du festival de Cannes en tant qu'égérie l'Oréal dans une robe sublime signée Zac Posen.

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