À quoi sert l'Académie française ?

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Quarante personnalités normalisent et perfectionnent la langue française, le premier devoir de l'Académie française.
Quarante personnalités normalisent et perfectionnent la langue française, le premier devoir de l'Académie française.
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© Sipa, Al Jawad

Fondée en 1634 par le cardinal Richelieu, sous le règne du roi Louis XIII, et mise en place dès 1635, l'Académie française régit les règles de la langue française dont elle est le premier défenseur. La Fontaine, Racine, Marguerite Yourcenar ou encore Valéry Giscard d'Estaing (toujours présent) y ont eu leur fauteuil. Éclaircissements sur son importance capitale.

Pas d'imprécision dans l'utilisation des mots ! L'Académie française est l'institution qui fixe un code, comprenez qui normalise la langue, tout en s'assurant de la rendre compréhensible par tous. L'orthographe est réformée uniquement dans le but de la perfectionner. L'idée de cette institution naît au cours du gouvernement Richelieu. Le cardinal "y voit un des instruments de sa politique d'unification du royaume" comme le relate l'Académie sur son site : "Au début du XVIIe siècle, cette langue est encore en pleine évolution, très fluctuante sur certains points : verbes passant d'une conjugaison à une autre (recouvrer/recouvrir), genre des mots non fixé, morphologie flottante (hirondelle, arondelle ou erondelle), prononciation variable. Si le XVIe siècle s'accommodait de ces variantes et flottements, la tendance au XVIIe siècle est à l'unification dans un langage 'moyen', qui soit compréhensible par tous les Français et par tous les Européens qui adoptent de plus en plus souvent le français comme langue commune."

Ainsi, l'établissement est créé autour d'une mission (article 24 des statuts) qui se retrouve dans l'ouvrage énumérant leurs fondamentaux : "La principale fonction de l'Académie sera de travailler, avec tout le soin et toute la diligence possibles, à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences."

En application, quelles sont les actions menées ?

Les quarante membres élus, surnommés "les immortels", sont des personnalités importantes liées à la littérature (écrivains, critiques, poètes, auteurs de théâtre) mais aussi tout autre érudit comme les philosophes, scientifiques, historiens, politiciens... Ensemble, ils déterminent la grammaire, la rhétorique, la poétique, édictent des règles d'orthographe et réalisent un dictionnaire. En résumé, ces débats de lettrés définissent la nature, l'usage et la signification des mots avec "la clarté et l'élégance qu'on accorde au latin, où ne fût pas accentué l'écart entre langue écrite et langue parlée".

Depuis son lancement, le Dictionnaire de l'Académie française n'a connu que huit éditions (1694, 1718, 1740, 1762, 1795, 1835, 1878 et 1935). Une nouvelle version est en cours d'écriture, tenant compte des ajustements liés à la modernisation des sciences et du langage. Il devrait contenir 60 000 mots avec leur étymologie, leur définition, leur niveau de langage (familier, populaire, vulgaire, argotique...) ainsi que leurs emplois déconseillés et constructions fautives.

Seconde mission : le mécénat des oeuvres

La terminologie n'est pas le seul objectif, l'aide aux auteurs et créateurs l'est tout autant. Grâce aux dons et legs qui lui sont attribués chaque année, l'Académie française valorise des oeuvres en organisant une multitude de remises de prix dans différents domaines : littérature, théâtre, poésie, histoire, philosophie, essai, critique, biographie, nouvelle, ... Selon leur site officiel, elles seraient environ quatre-vingts parmi lesquelles se compte notamment la cérémonie du Grand prix du Roman de l'Académie Française, le prix de la latinité ou encore de la Francophonie.

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