5 choses que vous ne saviez peut-être pas sur le prix Goncourt

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Le prix Goncourt assure d'énormes ventes à son lauréat et à sa maison d'édition.
Le prix Goncourt assure d'énormes ventes à son lauréat et à sa maison d'édition.
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© Adobe Stock, Lumina Images

Hélène Demarly

Alors que le lauréat 2019 sera désigné par l'Académie Goncourt le 4 novembre prochain, (re)découvrez le plus célèbre des prix littéraires français.

Le plus ancien des prix

L'Académie Goncourt voit le jour grâce au testament d'Edmond de Goncourt, décédé en 1896. Celui-ci rêvait, avec son frère Jules, d'une société littéraire qui chaque année remettrait un prix au meilleur roman. Il avait donc décidé de léguer sa fortune à la création de ce projet à sa mort. En 1903, le Goncourt naît et décerne le premier prix littéraire français. Et malgré la multiplication de prix pour récompenser les écrivains, il demeure encore aujourd'hui le plus prestigieux de tous. Il en existe désormais plusieurs autres : celui des lycéens, décerné depuis 1988 - qui se vend d'ailleurs encore mieux que son illustre aîné -, celui de la poésie, de la nouvelle, du premier roman et de la biographie.

Des jurés désignés à vie

L'Académie Goncourt est composée de dix membres désignés à vie. En 2008 toutefois, une réforme a fixé à 80 ans la limite d'âge de vote. Passé cet âge, le juré devient uniquement membre honoraire. Depuis 1914, les membres sont résidents au restaurant Drouant, dans le 2e arrondissement de Paris, où ils se retrouvent chaque premier mardi du mois dans leur salon. Bernard Pivot est le célèbre président du Goncourt depuis 2014 et parmi ses jurés, on trouve Didier Decoin, Éric-Emmanuel Schmitt, Virginie Despentes ou encore Pierre Assouline. Totalement bénévoles, les membres profitent uniquement du couvert chez Drouant.

Un prix qui rapporte très gros

Le lauréat reçoit un chèque... de dix euros. C'est très peu (le montant n'a jamais évolué depuis la création du prix il y a plus d'un siècle), mais recevoir ce prix assure évidemment d'énormes ventes à son auteur. 350 000 exemplaires en moyenne, selon les chiffres des dernières années... de quoi assurer un joli pactole pour le récipiendaire mais aussi pour la maison d'édition qui le publie. Selon un article de Slate (Un Goncourt, ça gagne (com)bien ?, 2012), le Goncourt rapporterait près de 3 millions d'euros à sa maison d'édition. Enfin, il permet à l'auteur d'obtenir une notoriété instantanée, en France mais aussi à l'étranger.

D'illustres écrivains recalés

Le Goncourt est sujet à plusieurs controverses. Certains jugeant notamment qu'il s'agit plus d'un prix pour les grosses maisons d'édition (Gallimard, Grasset, Le Seuil et Albin Michel sont celles qui ont reçu le plus de Goncourt) que pour les auteurs. Surtout, de grands écrivains ne l'ont jamais reçu : Guillaume Apollinaire, Albert Camus, Françoise Sagan ou encore Jean-Paul Sartre, pour ne citer qu'eux. De même, en 1932, Louis-Ferdinand Céline et son chef-d'oeuvre "Voyage au bout de la nuit" sont évincés du prix à la faveur de Guy Mazeline et de son roman "Les loups", tombé aujourd'hui dans l'oubli.

On ne peut le recevoir qu'une fois

Le Goncourt ne peut être décerné qu'une seule fois dans la vie d'un écrivain. Romain Gary, lui, est la seule exception, avec deux récompenses. Comment l'auteur de "La promesse de l'aube" a-t-il fait ? Tout simplement en écrivant sous pseudo. Gary reçoit ainsi le Goncourt en 1975 pour "La vie devant soi", et en 1956 pour "Les Racines du ciel", écrit sous le nom d'emprunt d'Émile Ajar. La supercherie ne sera découverte qu'à sa mort, en 1980.

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