Révolution Numérique : les bibliothèques sont-elles en danger ?

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La consultation et l'emprunt de livres restent les activités principales des usagers de bibliothèques.
La consultation et l'emprunt de livres restent les activités principales des usagers de bibliothèques.
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Solène Filly

Accès à l'information simplifié, livres numériques sur liseuses ou smartphones,... La révolution numérique met-elle en danger les bibliothèques ? Pas si sûr...

Internet aurait-il rendu les bibliothèques obsolètes ? Contrairement à ce que l'on pourrait croire, pas vraiment. En effet, un rapport du ministère de la Culture publié en 2016 a dévoilé que le pourcentage de Français de 15 ans et plus a avoir fréquenté une bibliothèque municipale au moins une fois au cours des 12 derniers mois était en hausse, passant de 35% en 2005 à 40% en 2016 et ce, même si le taux d'inscription est lui en baisse. Un constat identique quand on s'intéresse aux 15/24 ans, dont le taux de fréquentation a atteint les 53% en 2016 contre 39% en 2005.

La consultation de livres toujours en tête

Si les bibliothèques se sont modernisées, les principales activités des usagers restent l'emprunt de livres ou la lecture sur place. Ces usagers sont d'ailleurs "proportionnellement mieux équipés (qu'il s'agisse de posséder un ordinateur, un smartphone, une tablette ou une liseuse, ndlr) que les non-usagers, ce qui contredit à ce jour l'hypothèse (...) selon laquelle les bibliothèques seraient progressivement rendues obsolètes par les services en ligne" selon le ministère de la Culture.

Mais les expositions organisées par les bibliothèques sont en 4e position des activités principales des usagers, preuve que la multiplication des services offerts par ces lieux culturels contribue à les rendre attractifs auprès des Français. Y sont d'ailleurs également de plus en plus souvent proposés des animations, des ateliers ou des formations, mais aussi un accès gratuit à Internet. Voire la possibilité d'utiliser des objets plus insolites comme une imprimante 3D.

Un métier qui évolue

Invitée dans l'émission Soft Power de France Culture sur "La fin des bibliothèques", Emmanuelle Bermès, en charge des dossiers numériques à la BNF, indique que le prêt des livres numériques se développe en France grâce à un accès distant propre à chaque bibliothèque, disponible sur simple inscription. L'usager peut donc choisir et emprunter un livre numérique qui s'auto-détruira au bout d'une certaine durée, comme le veut le dispositif PNB, Prêt Numérique en Bibliothèque. Mais le nombre de références disponibles reste pour le moment limité, la Bibliothèque Numérique de Paris ne proposant par exemple "que" 10 000 ouvrages, même s'il s'enrichit régulièrement.

Si Internet donne accès à des millions de documents en ligne, il s'agit généralement d'ouvrages dans le domaine public ou d'articles académiques, qui n'attirent donc pas le même type de lecteurs. Toujours à France Culture, Emmanuelle Bermès souligne la transformation du métier de bibliothécaire qui s'adapte au numérique : "Si vous allez sur le Facebook de Gallica (bibliothèque numérique de la BNF, ndlr), vous verrez que tous les vendredis, on pose une énigme à nos internautes (...), on leur propose d'aller retrouver dans Gallica des choses un peu insolites." Une façon pour les bibliothèques "d'être en lien direct avec leurs lecteurs".

Mais se développe également un travail de médiation, comme elle l'explique, toujours à propos de Gallica et de ses 3 millions de références : "On met en avant un certain nombre de documents. (...) On a des bibliothécaires, des conservateurs qui fouillent dans cette bibliothèque numérique pour proposer des axes thématiques sur le sport, sur les images des régions de France, ou d'autres sujets."

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