Réseaux sociaux : quel impact sur le bien-être ?

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Les réseaux sociaux sont-ils néfastes pour le bien-être ?
Les réseaux sociaux sont-ils néfastes pour le bien-être ?
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© iStock, ViewApart

Selon une étude publiée en février dernier par Hootsuite et We Are Social, consacrée à l'usage du Web et des réseaux sociaux en France en 2020, pas moins de 39 millions de Français utilisent activement les réseaux sociaux. Ces derniers ont-ils un impact sur le bien-être des internautes ? Éléments de réponse.

Plus de 60% de la population utilisent plus ou moins fréquemment les réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter, Instagram ou Snapchat. Le temps moyen passé sur ces sites s'élèverait d'ailleurs à 1h42 selon l'étude menée par We Are Social et Hootsuite. La question se pose donc quant à leurs éventuels bienfaits ou méfaits sur le bien-être des internautes.

Des outils d'information et de communication à double tranchant

C'est indéniable, les réseaux sociaux permettent d'accéder le plus souvent gratuitement à une mine d'informations variées, que ce soit grâce aux comptes officiels des organes de presses français comme étrangers, des marques ou encore des personnalités publiques. De même, ils sont un vecteur de lien social. De quoi permettre de maintenir les relations avec certains membres de la famille ou des amis, mais aussi de retrouver des relations perdues de vue, de rencontrer l'amour ou de trouver un emploi. En plus de donner des nouvelles, ils permettent de partager avec une communauté plus ou moins large aussi bien des photos et des vidéos que des avis ou des souvenirs. Un moyen, enfin, de pallier à une certaine solitude et de favoriser le sentiment d'appartenance à un groupe.

Si les réseaux sociaux sont ainsi souvent source de bonheur et de satisfaction personnelle, ils peuvent néanmoins s'avérer parfois néfastes pour le bien-être des utilisateurs. En outre, on ne compte plus le nombre d'individus tombés dans le panneau des multiples fake news qui pullulent sur Facebook, Twitter ou YouTube. De même, la cybercriminalité (escroqueries, arnaques...) et le cyberharcèlement (insultes...) sont devenus de véritables fléaux. Selon le Digital Civility Index de Microsoft dont les chiffres ont été dévoilés courant février 2020, 62% des Français ont déjà été exposés au harcèlement en ligne. C'est 10 points de plus qu'en 2018. D'après l'étude, 18% des internautes français auraient déjà été attaqués sur leur apparence physique, 18% sur leur orientation sexuelle, 11% sur leurs opinions politiques et 10% pour leur appartenance religieuse.

Une forme de dépendance conduisant à la dépression ?

Comme le soulignait le site de la station Europe 1 en 2018, "si elle n'est pas officiellement cataloguée comme telle dans les grands classements médicaux, la dépendance à Facebook, Instagram et autre Snapchat intéresse - et inquiète - de plus en plus les chercheurs en psychologie". Cette forme d'addiction se traduirait selon "plusieurs scientifiques américains" par une "crainte, obsédante et continuelle, de ne pas pouvoir se connecter", ce que l'on surnomme la "nomophobie".

Cette dépendance conduirait également à "un phénomène appelé 'FOMO', pour "fear of missing out", ou 'peur de louper quelque chose'", expliquaient en 2017 deux enseignants chercheurs d'Aix-Marseille Université (AMU) dans un article publié sur le site The Conversation. "On craint que les autres aient des expériences enrichissantes sans nous. (...) Quand elle est élevée, la FOMO est souvent associée à une humeur négative, une faible satisfaction de sa vie en général et à plus de symptômes dépressifs", ajoutaient-ils.

Plus néfastes chez les jeunes ?

Selon ces deux chercheurs, et aux yeux de nombreux autres scientifiques, ce côté négatif des réseaux sociaux impacterait davantage les jeunes, ces derniers étant plus connectés que leurs aînés. Preuve en est, en 2018, une étude britannique publiée par BMC Public Health et menée auprès de 10 000 jeunes de 10 à 15 ans a démontré que la précocité et l'intensité de l'utilisation des réseaux sociaux pouvaient avoir une incidence sur leur bonheur au fil du temps. Les filles seraient les plus concernées.

Néanmoins, d'autres études tendent à montrer que les réseaux sociaux ne sont pas si néfastes qu'on le dit. "La quantité et la durée d'utilisation n'est pas un problème majeur selon les travaux d'Amy Orben et Andrew K.Przybylski, deux universitaires d'Oxford (ayant) mesuré le pourcentage de variabilité du bien-être en fonction de l'utilisation des réseaux sociaux", rappelait Slate en octobre 2019. Et le site, s'appuyant sur leur étude de préciser : "L'utilisation de la technique numérique n'est associée qu'à 0,4% de variation du bien-être des adolescent·es. Un résultat minime comparé aux 2,7% de variation néfaste du bien-être d'un·e jeune fumant de la marijuana."

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