Reconnaissance faciale : bientôt tous accros ?

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De plus en plus de smartphones peuvent être déverrouillés grâce à la reconnaissance faciale.
De plus en plus de smartphones peuvent être déverrouillés grâce à la reconnaissance faciale.
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© iStock, agrobacter

Solène Filly

Déverrouiller son smartphone, voyager plus facilement, mais aussi identifier des criminels... Les possibles utilisations de la reconnaissance faciale ne cessent de se multiplier, même si elle doit encore se perfectionner.

Les smartphones sont de plus en plus nombreux à proposer la reconnaissance faciale pour les déverrouiller. Censée être plus pratique qu'un code pin, cette méthode a pourtant des failles. En effet, comme l'a démontré le magazine Forbes en 2018, tous les appareils proposant cette fonction ne sont pas égaux. Pour le prouver, le visage d'un homme a été reproduit en 3D par une imprimante avant d'être présenté à des smartphones de marques différentes : Apple, LG, Samsung et OnePlus. Parmi eux, seul l'iPhone X a su différencier le véritable visage de la reproduction.

Au service de la sécurité

Si la reconnaissance faciale se développe pour un usage quotidien - selon CNBC, Apple aurait déposé un brevet pour que son Face ID soit adapté aux voitures -, elle se montre particulièrement intéressante dans le milieu de la sécurité. En 2014, un adolescent lillois qui en avait menacé un autre avec une arme à feu avait été rapidement appréhendé par la police grâce à ce système, une première en France. Une photo postée sur Snapchat avait été comparée aux fichiers des services de police de France, le TAJ (Traitement des antécédents judiciaires), permettant, quelques minutes plus tard, au logiciel de proposer une trentaine de profils correspondants. "Ensuite, ce sont les témoins ou les victimes qui procèdent à l'identification finale", confiait à l'époque un commandant de la Sûreté départementale du Nord au Figaro.

Des déplacements simplifiés

Aux aéroports de Roissy et d'Orly, depuis le mois de juin 2018, plusieurs sas de contrôles par reconnaissance faciale ont été mis en place. Comme le rapporte Le Parisien, ces "Parafe" (Passage automatisé rapide aux frontières extérieures) fonctionnent en trois temps. D'abord, le voyageur dépose son passeport sur un lecteur pour que la première porte du sas s'ouvre. Une fois à l'intérieur, la machine analyse son visage afin de vérifier qu'il corresponde bien à sa pièce d'identité. Dès qu'il est identifié, la seconde porte s'ouvre. "La reconnaissance faciale, c'est 10 à 15 secondes maximum par passage, contre 30 secondes minimum pour la reconnaissance digitale", explique Edward Arkwright, le directeur général du groupe Aéroports de Paris au quotidien. Une façon de gagner du temps sans lésiner sur la sécurité. Seul problème, comme les smartphones, la machine peut se tromper et scanner, par exemple, un visage sur un t-shirt au lieu de celui du voyageur.

Un système à surveiller

Pourtant, face à ces innovations, Brad Smith, le PDG de Microsoft, a encouragé tous les États à prendre conscience des risques que peut représenter la reconnaissance faciale. Dans un billet de blog publié en décembre 2018, il écrit : "Nous devons nous assurer que l'année 2024 ne ressemble pas à une page du roman '1984'." Un sentiment que partagent certains Chinois. En effet, en 2018, à Hangzhou, à l'est du pays, des caméras ont été placées dans un lycée pour surveiller les élèves et répertorier les cancres. Si le projet semble satisfaire la presse chinoise officielle, ce n'est pas vraiment le cas des internautes, comme le fait remarquer Le Figaro, citant les commentaires d'utilisateurs du Twitter chinois, Weibo, qui sont nombreux à y voir une dérive du système, comparant, eux aussi, cette méthode de surveillance au roman de George Orwell.

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