Pourquoi les "challenges" sur les réseaux sociaux sont si populaires ?

Chargement en cours
Certains challenges sur les réseaux sociaux sont amusants (à regarder comme à relever), mais d'autres sont malheureusement dangereux.
Certains challenges sur les réseaux sociaux sont amusants (à regarder comme à relever), mais d'autres sont malheureusement dangereux.
1/2
© Adobe Stock, Africa Studio

Marine de Guilhermier

Depuis quelques années, les réseaux sociaux règnent en maîtres sur Internet. Sur ces derniers, un dérivé du jeu de cour de récré "cap ou pas cap" s'est largement développé : les challenges. Parfois utiles, souvent amusants, mais plus régulièrement idiots voire dangereux, leur popularité ne faiblit pas.

Un challenge sur les réseaux sociaux peut prendre de (très) nombreuses formes car n'importe quelle action peut lui donner naissance. Mais un principe demeure : il faut se filmer ou se prendre en photo en train de relever le challenge puis poster le contenu sur l'un de ses comptes (Facebook, Instagram, Twitter...) et, ensuite, désigner un ou plusieurs de ses contacts afin qu'ils relèvent à leur tour le défi.

Les challenges vertueux

Tout a commencé à l'été 2014, aux États-Unis, où un défi surnommé le Ice Bucket Challenge s'est propagé comme une traînée de poudre sur les réseaux. Il s'agissait de se renverser un seau d'eau glacée sur la tête afin de médiatiser la lutte contre la maladie de Charcot et de collecter des fonds pour la recherche puisque les participants devaient faire un don. À la suite de ce dernier, relevé par des milliers de personnes, dont un très grand nombre de célébrités, des dizaines d'autres challenges ont vu le jour, pas toujours si utiles. Mais dernièrement, un autre défi vertueux est né, le Trashtag Challenge, qui consiste à prendre la photo d'un lieu avant et après l'avoir nettoyé en lui retirant tous ses déchets.

Les challenges dangereux

Cependant, la plupart des challenges sur les réseaux sociaux n'ont pas ce cachet utile à la société ou à la planète et si certains sont inoffensifs, comme le Mannequin Challenge qui a fait fureur fin 2016 et où il fallait se filmer totalement immobile en pleine action, d'autres sont réellement dangereux. L'un des premiers, le Necknomination, consistait à boire plusieurs verres d'alcool cul sec devant une caméra et avait entraîné la mort de plusieurs ados en 2014. Quelques mois plus tard, des jeunes mettaient le feu à des parties de leurs corps en répondant au tout aussi alarmant Fire Challenge. Quant au plus récent In My Feelings Challenge, il invitait les internautes à sortir de leurs voitures en marche pour effectuer une danse au son du morceau de Drake. Moins dangereux mais néanmoins scandaleux, le Cheese Challenge a divisé le mois dernier puisqu'il s'agissait de jeter une tranche de fromage sur le visage de son bébé...

Une dérive de la société ?

Mais une chose est sûre, qu'ils soient utiles ou répréhensibles, les challenges fédèrent. Cité par Psychologies, le psychologue Michael Stora, fondateur de l'Observatoire des Mondes Numériques en Sciences Humaines, explique que "c'est avant tout pour exister au regard du groupe qu'on s'adonne aux défis. Il y a cette envie de passer à l'acte, de montrer que l'on est en phase avec son époque".

Si ce sont souvent des adolescents qui relèvent ces challenges, ils ne sont pas les seuls, ce qui pose problème à la psychologue Catherine Crochez-Travers. À LCI, elle indique : "Ce qui est préoccupant, c'est lorsque ces défis touchent l'adulte censé avoir dépassé ce stade régressif. On revient alors au principe de la mise en scène de soi, propre à la société de l'image, qui touche au narcissique : pour exister aujourd'hui, il faut se montrer, gagner en visibilité, obtenir le maximum de likes et de reconnaissance du monde extérieur."

Vos réactions doivent respecter nos CGU.