Pire que les fake news, découvrez le "deep fake"

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Après les fake news, le "deep fake" envahi les réseaux sociaux.
Après les fake news, le "deep fake" envahi les réseaux sociaux.
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© iStock, Tero Vesalainen
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Fabien Gallet

Des vidéos montées de toutes pièces qui semblent pourtant plus vraies que nature envahissent Internet. De quoi tromper les internautes et représenter un éventuel danger pour la vérité.

Les fake news se sont démocratisées, notamment sur les réseaux sociaux. Le tout un chacun est aujourd'hui en mesure de partager de fausses informations, consciemment ou non, à grand renfort de publications Facebook ou de tweets, comprenant des articles ou des photos montées. Mais une autre technique se répand de plus en plus sur la toile : le "deep fake".

"Deep fake" : qu'est-ce que c'est ?

Il s'agit d'une technologie basée sur la synthèse d'images. Pour faire simple, grâce à des algorithmes et l'intelligence artificielle, cette dernière permet de remplacer le visage et la voix d'un individu présent dans une vidéo par ceux d'une autre personne, et ce sans que cela soit perceptible à l'écran de prime abord. Une technique accessible aux internautes sans grandes connaissances en informatique puisque des applications simples à utiliser et des tutoriels ont vu le jour ces dernières années. De quoi multiplier le nombre de vidéos truquées sur la Toile.

Pornographie, cinéma et politique

Ces fausses vidéos ont touché plusieurs domaines. C'est d'abord dans le milieu de la pornographie qu'elles ont été privilégiées. Plusieurs stars à l'image de Scarlett Johansson, Jessica Alba ou Daisy Ridley ont vu leur visage intégré à des vidéos X publiées sur des plateformes pornographiques (lesquelles tentent aujourd'hui de lutter contre ce phénomène).

Le monde du cinéma n'est pas épargné. En janvier 2019, après les Golden Globes, une vidéo de l'actrice Jennifer Lawrence en plein speech avait été modifiée puis publiée sur les réseaux sociaux : son visage avait été remplacé par celui de l'acteur Steve Buscemi.

Enfin, le "deep fake" a vraiment été mis en lumière avril 2018 avec la publication d'une vidéo devenue virale dans laquelle Barack Obama traitait Donald Trump de "sombre m*rde". Un montage créé par le cinéaste Jordan Peele et partagé par BuzzFeed pour la bonne cause : alerter l'opinion publique sur le sujet.

Un procédé technologique difficile à repérer

Au-delà de déguiser la réalité ou de porter atteinte à l'intégrité de certains individus, le problème avec le "deep fake" réside dans le fait qu'il n'est pas simple à repérer. Son réalisme peut en effet jouer des tours aux internautes à l'heure ou les fake news inondent déjà les réseaux sociaux. "Les experts en sécurité pourraient faire la différence entre ce qui est vrai et ce qui est faux, mais une personne lambda peut facilement croire que cette vidéo est réelle", estime Paul Scharre, expert au Centre pour une nouvelle sécurité américaine interrogé par franceinfo: en janvier dernier.

Un outil de désinformation massive

Le danger est bel et bien la manipulation de l'information. En septembre 2018, un rapport du Centre d'analyse, de prévision et de stratégie laissait entendre que le "deep fake" pouvait participer à "une atomisation extrême de l'information, avec la disparition ou la fragilisation des acteurs" que sont notamment les médias. "Au cours des deux prochaines années, nous verrons des vidéos truquées jouer un rôle dans les campagnes politiques aux États-Unis ou en Europe (...). Ce sera un défi pour les démocraties", prévient Paul Scharre.

Pour ne pas tomber dans le panneau, vérifiez toujours la source. Autre astuce : faire attention aux images. "Dans beaucoup de vidéos truquées, les gens ne clignent pas des yeux", indique par exemple Paul Scharre. Méfiance donc !

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