Livraison par drone : où en est-on ?

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La livraison par drone reste très rare.
La livraison par drone reste très rare.
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© Adobe Stock, IgorZh

Solène Filly

Si les drones de loisir qui permettent de prendre des photos et des vidéos se multiplient - bien qu'ils soient soumis à des restrictions de vol en ville -, les drones de livraison sont loin d'avoir envahi le ciel.

Une question de sécurité

Faire des achats sur Internet et les recevoir quelques heures plus tard, par sa fenêtre ou devant sa porte, livrés grâce à un drone ? C'est le pari que s'étaient lancés certains géants de la distribution il y a quelques années, parmi eux Amazon, qui visait un lancement en 2018. Cette année, la firme a renouvelé son intention de mettre en marche cette petite révolution aux États-Unis grâce à de nouveaux modèles de drones pouvant couvrir 15 kilomètres et porter moins de 5 kilos.

Si ce type de livraison a effectivement commencé à voir le jour, il est bien loin de s'être démocratisé. La première ligne commerciale régulière de livraison par drone au monde a vu le jour en France en 2016. Gérée par La Poste, elle s'étend sur 15 kilomètres dans le Var, entre Saint-Maximin-la-Sainte-Baume et Pourrières. Là, des appareils pouvant supporter des charges de 3 kilos évoluent à environ 30km/h, sauf en cas de mauvais temps, comme l'indique Les Echos, dans un article du 24 avril 2019. Il semble cependant peu probable que d'autres fassent bientôt leur apparition, notamment en ville, pour des questions de sécurité. Au quotidien, un dirigeant de La Poste avait indiqué : "C'est trop risqué (en cas de chute du drone, ndlr) et pas forcément rentable. C'est une solution pour les zones de montagne, les zones de campagne isolées, même s'il existera peut-être aussi des routes de livraison par drones survolant des fleuves, ou reliant deux usines."

Et des difficultés techniques

Autre problème, la durée de vol des drones. Leur batterie ne leur permet pas d'effectuer des vols couvrant des longues distances. Est alors évoquée la possibilité d'amener les paquets près de leur destination à bord d'un camion, par exemple, puis de les livrer plus rapidement à leur destinataire grâce à des drones, également à bord du véhicule. Mais à la question de l'autonomie s'ajoute aussi la résistance de ces appareils aux éléments extérieurs comme le vent, la pluie... et les oiseaux.

Une utilisation spécifique

Plutôt que de permettre aux citadins d'être livrés plus rapidement, les drones semblent amenés à venir en aide aux populations habitant dans des zones isolées, comme en montagne, donc, mais aussi sur des îles, réduisant par la même occasion l'utilisation des hélicoptères. Une étude du Cabinet Oliver Wyman, citée par Le Monde en 2017, révélait ainsi que c'est l'usage de drones militaires qui devrait croître le plus fortement dans les années à venir. Côté civil, ce sont les usine qui devraient, pour des livraisons internes, faire de plus en plus appel aux drones.

Et à l'étranger ?

Comme la France, de nombreux pays ont des réglementations très strictes concernant les autorisations de vol, mais certains ont décidé d'élargir un peu plus leur expérimentation. Comme l'indique Europe 1, c'est le cas, par exemple, de l'Australie, plus précisément dans la périphérie de Canberra, où les drones permettent de recevoir des petits paquets contenant de la nourriture et autres produits de première nécessité sur de courtes distances. Mais les drones prennent une dimension tout autre au Ghana, puisque, depuis 2016, ils permettent de livrer en urgence du sang et des médicaments dans les hôpitaux.

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