La voiture volante, c'est pour bientôt ?

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Le projet Pop.Up Next de Airbus et Audi, présenté au Viva Technology show au Parc des Expositions à Paris, le 25 mai 2018.
Le projet Pop.Up Next de Airbus et Audi, présenté au Viva Technology show au Parc des Expositions à Paris, le 25 mai 2018.
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© Getty Images, Chesnot

Fabien Gallet

Elle en fait rêver plus d'un. Star des films de science-fiction comme "Retour vers le futur", "Blade Runner" ou "Le Cinquième Élément", elle pourrait ne plus être qu'un véhicule culte et imaginaire du cinéma. Alors, la voiture volante, bientôt une réalité ?

Devenu le premier homme à traverser la Manche en volant grâce à son Flyboard début août 2019, Franky Zapata a prouvé que les avancées technologiques sont telles qu'elles permettent de ne plus considérer la voiture volante comme un simple fantasme.

Des prototypes déjà testés par le passé

L'histoire de la voiture volante ne date pas d'hier. De nombreux ingénieurs et scientifiques se sont très tôt mis en tête de la créer. Plusieurs prototypes virent le jour au siècle dernier : l'Aerobile de Waldo Waterman à la fin des années 1930, ou l'Aerocar, une voiture convertible en 5 minutes pouvant rouler à plus de 90 km/h et voler à 180 km/h pensée par Robert Fulton une dizaine d'années plus tard. Ce fut aussi le rêve du Français Robert Lebouder, à l'origine de l'Autoplane, une Vespa 400 venant s'encastrer dans un fuselage au bon vouloir du conducteur, dans les années 1970.

Des prototypes hybrides plus que des voitures destinées uniquement à voler. Il en va de même pour les projets récents tels que le Parajet Skycar (2009) ou le Pégase (commercialisé en 2016) qui ont, en plus, besoin d'une voile une fois propulsés dans les airs.

Franky Zapata : un modèle bientôt présenté

Les précédents engins ne collaient donc pas vraiment à l'image de la voiture volante du cinéma, à savoir celle capable de rester en vol stationnaire et de se déplacer sans hélice ou ailes. Franky Zapata, après avoir joué les hommes volants comme Iron Man pourrait, lui, offrir un modèle plus évolué. Effectivement, ce dernier travaille sur "une voiture autonome volante" et "radiocommandée", comme il l'expliquait au journal Le Point en août dernier. "C'est une technologie que nous avons brevetée en 2018, qui contrôle la poussée du réacteur et qui nous donne la capacité de voler", confiait le créateur du Flyboard. Capable de transporter 60 kilos à 400 km/h et ce jusqu'à 150 mètres de hauteur, son Jet-Racer doit être présenté avant Noël 2019 à Hawaï.

Bien qu'il juge précoce l'idée "de changer le monde des transports" et que sa société ne dispose pas encore "d'autorisation légale pour en faire des taxis urbains", Franky Zapata assure qu'à l'avenir, sa voiture "pourra transporter dix personnes en même temps" et qu'il sera possible d'en commander une via une application, "comme un Uber".

Constructeur automobile et grosses sociétés s'en mêlent

Franky Zapata n'est pas le seul à envisager de faire voler monsieur et madame tout le monde dans une voiture. De grandes sociétés, liées ou non à l'industrie automobile, sont aussi sur le coup. C'est le cas de l'entreprise japonaise Cartivator (en partenariat avec Toyota), dont l'objectif est de développer d'ici 2030 un véhicule baptisé Skydrive destiné aux particuliers pouvant transporter jusqu'à deux personnes. De son côté, Airbus multiplie les projets dont la voiture volante Vahana (munie de huit rotors), un aéronef à décollage et atterrissage verticaux (VTOL), mais aussi le projet commun mené avec Audi : Pop.Up Next, un concept de drone-navette. Même chose du côté d'Aston Martin, du géant industriel japonais NEC, du constructeur automobile sud-coréen Hyundai ou encore de l'entreprise américaine Uber.

Quid de la réglementation ?

Si l'espace aérien est évidemment encore très loin d'être saturé par les voitures volantes, la question de la réglementation se pose. À quelle vitesse et hauteur maximale pourront se déplacer ces véhicules ? Quel permis faudra-t-il posséder pour conduire sur d'éventuels futurs axes aériens ? Y aura-t-il un code de la route du ciel ?

Autant de questions qui restent en suspens, tout comme la principale : quand donc le tout un chacun aura l'occasion de se déplacer avec de tels engins ? "Tout le monde imagine le futur en 2035 ; pour nous, il commence en 2019", confiait en tout cas Franky Zapata au Point...

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