Fracture numérique : qu'est-ce que c'est ?

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Pour lutter contre la fracture numérique, des formations vont être mises en place afin de venir en aide aux personnes les moins à l'aise avec les nouvelles technologies.
Pour lutter contre la fracture numérique, des formations vont être mises en place afin de venir en aide aux personnes les moins à l'aise avec les nouvelles technologies.
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© Adobe Stock, goodluz

Déclarer ses impôts en ligne, réserver des billets de train à un tarif préférentiel ou tout simplement consulter plus facilement les offres d'emploi... Autant de services sur Internet auxquels n'ont pas accès un certain nombre de Français.

La fracture numérique traduit l'inégalité d'accès aux technologies numériques. Comme l'explique le site de France TV éducation, cela concerne les personnes qui n'ont pas de connexion à Internet ou n'ont pas les moyens d'acheter un ordinateur, mais aussi toutes celles qui ne savent pas s'en servir. Selon une étude de l'UFC Que Choisir de 2017, 7,5 millions de Français sont ainsi privés d'une connexion Internet de qualité. Un rapport du Défenseur des droits publié au mois de janvier 2019 dévoile quant à lui que 13 millions des citoyens français sont considérés comme "éloignés du numérique".

Une nouvelle source d'inégalité

Ce que révèle une étude de 2015 du CRÉDOC (Centre de Recherche pour l'Étude et l'Observation des conditions de vie), c'est que les victimes de cette fracture numérique sont principalement des personnes âgées (2 non-internautes sur 3 sont retraités), non diplômées, avec des revenus faibles ou habitant dans une zone rurale, soit une triple discrimination : générationnelle, sociale et géographique.

Toujours selon le rapport du Défenseur des droits de 2019, 541 communes en France sont en "zone blanche", c'est à dire sans aucun accès à Internet, ce qui complique forcément les communications. L'exemple d'un homme radié de Pôle emploi après avoir raté des rendez-vous est ainsi cité, alors même qu'il réside dans l'une de ces communes sans Internet, dont le réseau téléphonique est aussi très limité. Un handicap qui se ressent donc dans la vie de tous les jours, d'autant plus que le gouvernement prévoit de faire passer tous les services publics sur Internet à l'horizon 2022, au risque, donc, d'exclure une partie de la population.

Quelles solutions ?

Concernant les zones blanches, Mounir Mahjoudi, secrétaire d'État chargé du numérique, indiquait à Ouest France en septembre 2018que l'État allait investir "à hauteur de 3 milliards d'euros auprès des opérateurs sur les réseaux mobiles", soit Orange, SFR, Bouygues et Free, afin de faire disparaître ces No Web lands.

Pour pallier les inégalités générationnelles et sociales, des formations devraient être proposées à travers la France : "Notre objectif (est) de leur proposer un pass numérique avec de 10 à 20 heures de formation (...) distribué par Pôle emploi, la CAF, l'assurance maladie ou les villes." Des formations qui ciblent les personnes âgées, mais aussi les jeunes. Car s'ils sont à l'aise lorsqu'il s'agit d'utiliser Internet pour le plaisir, "il n'en va pas de même pour l'utilisation des démarches administratives en ligne", expliquait Mounir Mahjoudi.

Des mesures qui vont dans le sens des recommandations du Défenseur des droits qui conseille également de continuer à proposer des démarches administratives plus "traditionnelles" et de simplifier les démarches en ligne. Afin de protéger les usagers les moins à l'aise avec les nouvelles technologies, il évoque aussi la mise en place d'une "clause de protection" afin d'éviter qu'ils ne soient tenus comme responsables en cas d'erreur informatique, de "prévoir des exceptions juridiques aux obligations de paiement en ligne", mais aussi de mieux s'adapter aux différents publics, qu'il s'agisse des personnes en situation de handicap ou de celles en centre de détention.

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