Cyberharcèlement : comment y faire face ?

Chargement en cours
Certaines associations peuvent aider les victimes comme e-Enfance pour les mineurs.
Certaines associations peuvent aider les victimes comme e-Enfance pour les mineurs.
1/2
© Adobe Stock, Syda Productions

Émilie Nougué

Sur la Toile, tout internaute quel que soit son âge peut devenir victime de cyberharcèlement. Que faire si vous êtes régulièrement la cible d'insultes, de rumeurs, d'usurpation d'identité ou encore de détournement de photos sur le Web ? Et si vous êtes témoin d'attaques personnelles ? Le point sur les comportements à adopter pour surmonter ce phénomène.

Le cyberharcèlement, c'est quoi exactement ?

Dans le Code pénal, le cyberharcèlement est défini comme "le fait de tenir des propos ou d'avoir des comportements en ligne répétés ayant pour but ou effet une dégradation des conditions de vie de la victime". Il peut prendre de nombreuses formes (création de faux profils sur les réseaux sociaux au nom de la victime, vague d'insultes...) mais se caractérise souvent pas l'anonymat des harceleurs et une absence de face-à-face avec leur cible. Ce type de harcèlement se déroule sur les réseaux sociaux mais aussi sur les forums, les jeux en ligne, par mails, messages privés ou SMS.

Surfer sur le Web avec vigilance

Si tout le monde peut être victime de cyberharcèlement, certains comportements permettent tout de même de minimiser les risques. Les plus importants ? Ne pas trop s'exposer sur Internet et ne jamais communiquer ses mots de passe à un tiers. Il est essentiel de renforcer sa sécurité en modifiant ses paramètres de confidentialité sur les réseaux sociaux, en mettant son profil en privé par exemple ou en bloquant si besoin certains utilisateurs. Méfiez-vous des conversations par webcam qui peuvent être enregistrées, et évitez d'être prise en photo dans des postures peu flatteuses ou à l'inverse trop suggestives, au risque de voir les clichés ressortir sur la Toile sans votre consentement, accompagnées de commentaires désagréables.

Ne pas avoir peur d'en parler

Si malgré tout vous êtes la cible de cyberharceleurs, retenez-vous d'entrer dans leur jeu en répondant à leurs commentaires. Faites plutôt des captures d'écran de tous les messages malveillants reçus et utilisez les fonctions "Signalez" des plateformes, soit pour faire retirer un message indésirable, soit pour faire supprimer un compte d'utilisateur. Vous pouvez aussi passer par la plateforme PHAROS pour signaler des faits de racisme, d'incitation à la haine ou encore d'escroquerie.

Enfin, ne gardez pas cette affaire pour vous et parlez-en à quelqu'un de confiance. Certaines associations peuvent également vous aider à vous défendre, notamment si vous décidez de porter plainte. C'est le cas par exemple du CNIDFF (Centre national d'information sur les droits des femmes), de France Victimes ou pour les mineurs de e-Enfance, qui dispose d'un numéro vert (0 800 200 222). Il est important par ailleurs que les témoins de cyberharcèlement ne restent pas silencieux face à ces comportements.

Quelles sont les peines encourues ?

Le harcèlement sur Internet est un délit qui peut être puni de 2 ans de prison et 30 000 euros d'amende si le harceleur est majeur, voire de 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende si sa victime a moins de 15 ans. Si l'auteur du délit est un mineur de plus de 13 ans, sa peine maximale sera de 18 mois de prison et 7 500 euros d'amende. Des règles spécifiques s'appliquent pour sanctionner les mineurs de moins de 13 ans, mais dans tous les cas, le cyberharcèlement ne doit pas rester impuni.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.