Bientôt la fin du DVD ?

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Si les Français regardent toujours des films chez eux, ils le font désormais plus en VOD ou SVoD qu'en DVD.
Si les Français regardent toujours des films chez eux, ils le font désormais plus en VOD ou SVoD qu'en DVD.
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© Adobe Stock, .shock

Marine de Guilhermier

Après la disparition des VHS, les DVD sont désormais eux aussi en grand danger d'extinction. La faute à la dématérialisation des supports d'une part et à l'avènement des plateformes de streaming d'autre part. On fait le point sur une fin annoncée.

C'est à la fin des années 1990 que les DVD (de l'anglais Digital Versatile Disc, soit disque numérique polyvalent) débarquent en France et supplantent rapidement les VHS (Video Home System, soit système vidéo domestique). Mais 20 ans plus tard, ces disques si chers au coeur des cinéphiles sont déjà à l'agonie car la façon de consommer des films a nettement évolué ces dernières années.

Le marché vidéo ne fait plus recette

Si l'on pourrait penser que le déclin du DVD est dû à l'arrivée sur le marché des disques de meilleures qualités que sont les Blu-ray, il n'en est rien. En réalité, les ventes de ces deux supports sont sur la pente descendante depuis plusieurs années et rien ne semble pouvoir enrayer leur dégringolade. Ainsi, en France, les ventes de DVD ne font que décliner depuis 2010 et l'année 2018 ne fait pas exception à la règle. Selon le Baromètre CNC-GFK de la vidéo physique publié par le CNC ce 8 novembre, les revenus issus de la vente de DVD ont baissé de 15,6% par rapport à 2017 et ceux de Blu-ray de 8,8%. Les recettes du marché vidéo 2018 devraient donc être les plus basses depuis la création du DVD. Mais cela ne veut pour autant pas dire que les Français ne regardent pas de films chez eux, ils le font juste de façon dématérialisée.

Une histoire de prix

La VOD (Video On Demand, soit vidéo à la demande) s'est ainsi démocratisée dans les années 2010, tous les FAI (Fournisseurs d'Accès à Internet) proposant des sélections bien fournies. Une solution plus simple et plus économique pour ceux qui souhaitent consommer des films sans bouger de leur canapé et qui ne désirent pas forcément les revoir une seconde fois. Malgré tout, comme le DVD - dont le plus gros problème reste le coût : malgré l'effondrement du marché, les prix des galettes, eux, restent stables -, la VOD (où on loue à l'acte) peut elle aussi paraître un peu chère à l'ère des plateformes de SVOD (Subscription Video On Demand, soit vidéo à la demande avec abonnement) comme Orange Cinéma Séries (OCS), Netflix ou encore Amazon Prime Video. Des coûts élevés qui ont de quoi en décourager plus d'un. Et depuis 2014 déjà, le marché de la VOD est donc lui aussi sur la pente descendante.

La concurrence de la SVOD

Une chose est sûre, face à la multiplication des supports dématérialisés (et au piratage qui sévit toujours dans le milieu), le DVD semble tout bonnement condamné. Et actuellement, ce sont donc les offres par abonnement, dont les prix sont très attractifs, qui raflent la mise. Au début du mois de novembre, le site Digital TV Research, cité par le spécialiste Pascal Lechevallier sur son blog Digital Home Révolution, estimait que "le marché français de la SVOD passerait de 327 millions de dollars de recettes à 483 millions en 2018". Quant aux nombre d'abonnés, il passera de 4,13 millions à 5,35 millions. Un chiffre qui devrait continuer à augmenter dans les années à venir, avec notamment l'arrivée d'autres plateformes comme Disney+, Warner ou Apple.

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