Violences conjugales : quelles mesures pour réduire les décès ?

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Le Grenelle des violences conjugales va permettre la mise en place de mesures concrètes.
Le Grenelle des violences conjugales va permettre la mise en place de mesures concrètes.
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Laetitia Reboulleau

Les chiffres des violences conjugales ont de quoi faire froid dans le dos. Selon le gouvernement, 220 000 femmes adultes seraient victimes de violences conjugales chaque année, et des centaines d'hommes sont également concernés. Pour tenter d'enrayer ce fléau, le Grenelle des violences conjugales, qui s'est déroulé début septembre 2019, devrait permettre la mise en place de plusieurs mesures pour venir en aide aux victimes.

En 2018, la Délégation d'aide aux victimes (DAV) a comptabilisé 149 homicides au sein de couples : 121 femmes et 28 hommes tombés sous les coups de leurs conjoints, sans oublier 21 enfants, victimes des violences de leurs parents. Depuis le début de l'année 2019, les associations ont recensé plus de 100 féminicides, et le chiffre risque de continuer à grimper jusqu'à la fin de l'année. Bien décidé à faire bouger les choses, le Premier ministre Edouard Philippe a lancé, le 3 septembre dernier, un Grenelle des violences conjugales. Le bilan ? Plusieurs mesures destinées à venir en aide aux victimes, de manière à réduire le nombre de décès.

Objectif : faciliter l'hébergement d'urgence

Face à un conjoint violent, la première priorité pour la protection des victimes est de prendre leurs distances, de pouvoir quitter le domicile conjugal. Pour leur faciliter les choses, le gouvernement a annoncé la création de 1 000 nouvelles places d'hébergement dans des logements temporaires, à compter du 1er janvier 2020. Pour pouvoir trouver facilement le centre d'hébergement le plus proche, une plateforme de géolocalisation mise à jour en temps réel permettra aux victimes de trouver les places disponibles le plus rapidement possible.

Par ailleurs, une nouvelle mesure a été prise pour faciliter le relogement des personnes concernées. L'accès à la "garantie Visale", qui permet d'obtenir une caution gratuite pour obtenir un nouveau logement, a également été ouverte aux femmes victimes de violences conjugales, dont elles étaient actuellement exclues.

Un meilleur encadrement des victimes

L'un des problèmes liés aux violences conjugales est que les victimes ne sont pas toujours prises au sérieux par les forces de l'ordre. Résultat : elles sont renvoyées chez elles et mises en danger. Pour que cela n'arrive plus, le gouvernement a annoncé un audit de 400 commissariats et gendarmeries, de manière à détecter d'éventuels dysfonctionnements dans le traitement des plaintes de victimes de violences, et bien évidemment d'y remédier.

Côté justice, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé l'introduction de "procureurs référents spécialisés" dans les violences conjugales dans les 172 tribunaux de France métropolitaine et d'outre-mer. L'objectif : accélérer le traitement des dossiers grâce à une "meilleure articulation des différents acteurs judiciaires"et ainsi réduire le temps de traitement à moins de 15 jours. Enfin, ce dernier a également affirmé être favorable à la possibilité de porter plainte directement dans les hôpitaux, même si aucune mesure officielle n'a encore été annoncée à ce sujet.

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