Violences conjugales : comment appeler à l'aide ?

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On estime qu'en France plus de 200 000 femmes sont victimes chaque année de violences conjugales.
On estime qu'en France plus de 200 000 femmes sont victimes chaque année de violences conjugales.
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© Adobe Stock, VadimGuzhva

Beaucoup trop de femmes subissent aujourd'hui encore la violence de leur conjoint. Et pour les victimes, donner l'alerte n'est pas toujours évident. Pour ces femmes comme pour les témoins de ces violences, il est possible de donner l'alerte en toute discrétion.

Selon les derniers chiffres du gouvernement, en 2018, 121 femmes ont été tuées en France par leur partenaire ou leur ex-conjoint, soit une femme tous les 3 jours. Le confinement et toutes les conséquences de la crise sanitaire n'ont fait qu'aggraver la situation pour certaines d'entre elles. Les violences conjugales ont augmenté de 32% en zone gendarmerie, et de 36% dans la zone de la préfecture de police de Paris. Afin de venir en aide aux femmes en danger, des actions et dispositifs ont été mis en place afin de faciliter les appels à l'aide.

Un point noir dans la main

À l'origine, la Black Dot Campaign a été lancée en 2015 en Grande-Bretagne sur Facebook par une ancienne victime de violences conjugales. L'idée est, pour les femmes menacées, de se dessiner un point noir dans la paume de la main (avec un crayon à maquillage ou un crayon facilement effaçable) et de le montrer discrètement à une personne de confiance. Une façon de signaler sans prendre de risque un appel à l'aide et de souligner la difficulté à parler librement. En France, la campagne est baptisée #lepointnoir.www.lepointnoir.com

Un SMS pour un appel discret

Pendant la crise sanitaire de la Covid-19, l'ancien ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a annoncé la mise en place d'un numéro de téléphone, le 114, permettant aux victimes de violences conjugales d'envoyer un SMS discrètement pour alerter les autorités. Il s'agit d'un dispositif à l'origine porté par le CHU de Grenoble et destiné aux personnes sourdes et malentendantes. Désormais, toute personne se sentant en danger peut donner l'alerte via un simple texto. Le service est joignable 24h/24 et 7j/7. Les opérateurs recevant le SMS préviennent alors les forces de l'ordre en transmettant les coordonnées de la victime.

Les appels d'urgence

Le 3919 est un numéro de référence dans l'écoute, l'alerte, la prise en charge de femmes violentées. Le numéro, joignable du lundi au samedi, de 9h à 19h, est un numéro gratuit et anonyme.

En cas d'urgence, vous pouvez également appeler le 17 (police) pour une intervention rapide des forces de l'ordre, et contacter le Samu au 15 pour une urgence médicale.

Une plateforme

Le site arrêtonslesviolences.gouv.fr permet également de signaler en ligne des cas de violences sexuelles et sexistes, 24 heures/24 et 7 jours/7. Une façon discrète de donner l'alerte. À noter, la connexion au site ne laisse aucune trace dans l'historique. En cas d'urgences, policiers et gendarmes peuvent déclencher une intervention. Depuis le 26 mars dernier, un tchat est également joignable tous les jours de 8 heures à 21 heures, pour celles qui peuvent se connecter en toute sécurité. Un dispositif permettant de demander conseil, donner l'alerte...

Se signaler en pharmacie

Nouveau dispositif d'alerte mis en place pendant le confinement. Les femmes victimes de violences peuvent donner l'alerte en toute discrétion en se rendant simplement en pharmacie. Dans les 22 000 pharmacies françaises, les pharmaciens ont été formés pour accueillir et aider les victimes de violences.

Des dispositifs multiples pour venir en aide aux 200 000 femmes victimes de violences chaque année en France alors même que toute violence conjugale (physique, psychologique, sexuelle) est interdite par la loi, que le couple soit marié, pacsé ou en union libre.

https://arretonslesviolences.gouv.fr/

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