Vers la fin du diktat de l'épilation ?

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Les poils sont là avant tout pour protéger la peau.
Les poils sont là avant tout pour protéger la peau.
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© Adobe Stock, Юрий Красильников

La société évolue et si, pendant des décennies, les femmes devaient apparaître entièrement épilées, l'aube des années 2020 signe le début de la fin du diktat de l'épilation. Une bonne chose pour celles qui s'attachent à briser le tabou de la pilosité féminine mais aussi pour les médecins. Car si les poils ne sont pas esthétiques par rapport à ce que la société attend de la femme, ils ont un rôle important à jouer.

Ces derniers temps, l'appel à la liberté des femmes résonne à travers de nombreux pays. Fini, les "bonnes manières" imposées par la société. Les femmes s'assument et se battent pour avoir le droit de faire ce qu'elles veulent de leur corps. Bien qu'il reste un long chemin avant d'atteindre le point voulu, certaines marques les soutiennent ; comme les téléspectateurs ont pu le voir dans la pub Veet sortie en 2019 ou encore dans celle de Nana. Dans cette dernière, terminé le simple liquide bleu pour évoquer le flux menstruel : le liquide est rouge et puis c'est tout.

Le rôle important des poils

Les poils ne sont pas là seulement pour obliger les femmes à les enlever, c'est avant tout protecteur. "Sous les bras, d'abord. Les aisselles sont des zones sensibles du corps humain, et propices aux irritations. Le poil y fait rempart. Pourtant, depuis quelques décennies, il a totalement disparu, au profit de produits déodorants, souvent nocifs, mais enrichissants... pour l'industrie", explique la journaliste et féministe Sandrine Goldschmidt dans l'Express en 2016. Cette dernière ajoute à propos du pubis : "Zone sensible s'il en est, les poils y constituent une barrière protectrice contre les microbes. En outre, dans cette zone de frottements, ils ont aussi l'avantage d'être doux. Ce qui est un avantage indéniable au lit ! Ils sont beaucoup plus confortables, agréables et excitants... Et c'est surtout moins agressif et irritant d'être protégée par ses poils plutôt que totalement épilé(e). 'S'épiler le minou' pour plaire, c'est un peu comme vouloir faire l'amour directement sur la moquette plutôt que sur des coussins duveteux... Ça râpe... Et ça fait mal."

"Qui dit mammifère dit forcément poils"

Des poils dont la pousse est naturelle, donc. Car comme le dit si bien le magazine Marie Claire : "Comme tous les primates, elles (les femmes) appartiennent à la classe des mammifères. Et qui dit mammifère dit forcément poils." D'ailleurs, certaines d'entre elles ne s'attardent plus à s'épiler et l'assument fièrement, notamment sur les réseaux sociaux avec, par exemple, les comptes Instagram @PayeTonPoil ou encore @Parlonspoil. Ceci étant, un sondage de l'institut Ifop paru début 2020 démontre que beaucoup continuent à s'attacher à cette habitude, décriée par les féministes. En effet, "la quasi-totalité de la gente féminine s'épile les aisselles et les trois quart le maillot (au moins en été). Et l'épilation intime intégrale se banalise au sein de la nouvelle génération : 73% des moins de 25 ans la pratiquent", note Marie Claire.

Et nous parlons ici que du maillot, car si nous nous concentrons sur les aisselles : la société moderne à horreur des femmes avec des poils sous les bras. Mais cela n'a pas toujours été le cas, comme l'explique au magazine féminin, l'anthropologue Christian Bromberger, auteur de auteur du livre "Les sens du poil" : "Au tout début du XXème siècle en Europe, seules les actrices et les danseuses s'épilaient, pas les dames de la bonne société. L'absence de poils aux aisselles étaient considérée comme obscène car assimilée aux femmes de petite vertu. Aujourd'hui c'est l'inverse. Les poils axillaires féminins sont perçus comme sales." Alors à quand la fin du diktat de l'épilation ?

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