Trains de nuit : pourquoi font-ils leur retour ?

Chargement en cours
Progressivement supprimés depuis des années, les trains de nuit font leur retour.
Progressivement supprimés depuis des années, les trains de nuit font leur retour.
1/2
© Adobe Stock, TTstudio

Avec la multiplications des lignes d'avion low cost, le développement du TGV et l'arrivée du covoiturage, les trains de nuit ont été peu à peu relégués aux oubliettes en France, comme dans le reste de l'Europe. Malgré cette concurrence et contre toute attente, ils s'apprêtent à se développer à nouveau. Comment expliquer ce revirement de situation ?

Le train de nuit en France : où en est-on ?

Entre les années 1930 et 1970, la France était sillonnée de trains de nuit. Si le réseau est développé jusqu'à la fin du siècle, la création de lignes TGV a entraîné une baisse de trafic à partir des années 1980. Dans les années 2000 et 2010, l'offre concernant les trains de nuit a été largement remaniée, mais surtout diminuée par la SNCF et l'État. Le train Quimper-Lyon (aussi appelé Rhône-Océan) a ainsi disparu en 2010 en même temps que le Nantes-Nice (Océan-Riviera). Celui reliant Paris au Pays basque (la Palombe Bleue) a été abandonné en 2017, tout comme la liaison entre la capitale et la Côte d'Azur. Aujourd'hui, il n'existe que deux lignes de nuit en France : l'une reliant Paris à Rodez, et l'autre Paris à Briançon.

Pourquoi la suppression de ce service est-elle remise en question ?

Les trains de nuits en France ont leurs défenseurs, réunis par exemple sous le collectif Oui au train de nuit. Ils estiment que ces liaisons répondaient à une vraie demande, certains territoires étant encore mal desservis malgré le développement du TGV. Lorsqu'il faut 6 ou 7 heures pour rejoindre la capitale en train, effectuer le trajet de nuit reste la seule option pour ne pas poser un jour à l'aller et un jour au retour.

Nostalgiques, de nombreux usagers restent attachés à ces lignes qui reliaient des villes moyennes sans forcément passer par Paris. Elles permettaient de gagner du temps mais aussi de l'argent en économisant une nuit d'hôtel. Il s'agissait également d'une alternative moins énergivore aux trajets en avion ou en voiture. C'est avec ces arguments qu'une pétition pour le retour des trains de nuit a récolté 200 000 signatures en 2019. Elle soulignait qu'en Autriche, les lignes rouvertes il y a peu étaient prises d'assaut, au point d'être déjà devenues rentables. Preuve qu'il est possible de proposer une offre viable !

Retour de lignes historiques et entente avec d'autres pays

"On va redévelopper les trains de nuit, on va redévelopper les petites lignes de train, parce que tout ça permet de faire des économies et de réduire nos émissions", déclarait Emmanuel Macron le 14 juillet 2020. Et effectivement, plusieurs lignes historiques s'apprêtent à faire leur retour avec du matériel renouvelé. "Le train Paris-Nice sera rouvert, puis ensuite le Paris-Tarbes-Hendaye. Avec le Paris-Briançon et le Paris-Rodez encore en circulation, il y aura quatre trains de nuit d'ici à 2022", ajoutait en septembre Jean-Baptiste Djebbari, ministre des Transports.

Si le collectif Oui au train de nuit attend l'ouverture de 15 lignes, ces projets constituent déjà une avancée. Par ailleurs, le train de nuit entre plusieurs pays européens se développe également. Les opérateurs ferroviaires autrichien (ÖBB), allemand (Deutsche Bahn), suisse (CFF) et français (SNCF) viennent tout juste d'annoncer l'ouverture des lignes Vienne-Paris et Zurich-Amsterdam pour décembre 2021. Suivront des lignes Zurich-Rome, Berlin-Paris, Berlin-Bruxelles et Zurich-Barcelone. Se coucher dans un pays et se réveiller dans un autre sera bientôt possible !

Vos réactions doivent respecter nos CGU.