Repas végétarien obligatoire à l'école : comment ça se passe ?

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À partir du 1er novembre, les cantines du primaire et secondaire seront tenues de proposer au moins un repas végétarien par semaine.
À partir du 1er novembre, les cantines du primaire et secondaire seront tenues de proposer au moins un repas végétarien par semaine.
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© Adobe Stock, Robert Kneschke

Solène Filly

À partir du 1er novembre 2019, les cantines scolaires devront proposer, au moins une fois par semaine, un menu végétarien. Une mesure que certains établissements ont déjà adoptée.

C'est le 14 septembre 2018 que l'amendement pour l'expérimentation, pendant deux ans, d'un menu végétarien dans les cantines scolaires au moins une fois par semaine a été adopté. La raison d'une telle mesure ? Réduire le gaspillage alimentaire, mais aussi agir pour la planète puisque la consommation de viande contribue au réchauffement climatique. Un texte qui a convaincu, de justesse, l'Assemblée nationale contre l'avis du gouvernement et du ministre de l'Agriculture de l'époque, Stéphane Travert, qui, comme le rappelle Le Parisien, avait lancé lors du débat : "Je défends la liberté de choix. Je ne suis pas ici pour que l'on impose les choses comme cela par la loi."

À L'Express, le 4 septembre 2019, Rodrigo Arenas, le co-président de la FCPE (Fédération des Conseils de Parents d'élèves) ne partageait visiblement pas l'avis de l'ex-ministre : "C'est une question de santé, d'éducation, d'écologie. À la cantine, on ne fait pas que manger. On apprend. Il est grand temps de changer notre mode de consommation, et c'est notre devoir d'éduquer les enfants à ce problème."

Que dit le texte ?

Les cantines scolaires concernées - soit celles du premier et second degrés, publiques ou privées -, ont ainsi jusqu'au 1er novembre 2019 pour s'organiser, date butoir à laquelle elles sont tenues de proposer au moins un menu végétarien chaque semaine. Celui-ci peut alors soit être la seule option proposée un jour donné, soit être préparé en parallèle d'un menu dit traditionnel, laissant alors aux élèves le choix de manger le plat qu'ils préfèrent. Le site vegecantines rappelle que le terme "végétarien" implique simplement de remplacer la viande et le poisson par des protéines végétales, et que les oeufs, donc, ainsi que les produits laitiers peuvent tout à fait être utilisés dans l'élaboration du repas.

Comme indiqué plus haut, cet amendement ne s'étend que sur une période de deux ans. Il sera alors soumis à une évaluation afin de mesurer "son impact sur le gaspillage alimentaire", "le taux de fréquentation" et "le coût des repas".

Les premières réactions des cantines

Si ce n'est qu'à partir de novembre que cette mesure sera donc obligatoire, certaines cantines à travers la France ont d'ores et déjà appliqué ce menu végétarien hebdomadaire. À Grenoble, par exemple, la ville a fait appel à une diététicienne, Marie Jacquemier, afin que les repas proposés contiennent suffisamment de protéines - végétales -, mais aussi des céréales. À L'Express, elle expliquait : "Cette association permet d'avoir tous les acides aminés normalement contenus dans la protéine animale." Et d'ajouter : "Ces protéines végétales ne sont pas absorbées par l'organisme de la même manière que les protéines animales. Il ne faut donc pas tomber d'un extrême à l'autre. Un ou deux repas végétariens par semaine reste l'idéal."

À Lille, aussi, les cantines se sont mises aux repas végétariens plus tôt que prévu. Et même beaucoup plus tôt puisque la ville expérimente depuis 2014 des menus végétariens dans les écoles. Ces derniers ont d'ailleurs été plébiscités par les parents d'élèves, au point que ces options végétales sont désormais disponibles deux fois par semaine.

Des résultats encourageants, donc, pour les cantines qui peuvent avoir des inquiétudes quant à la mise en place de ce changement d'alimentation. Sur son site, vegecantines propose d'ailleurs des exemples de recettes afin de donner des idées de repas sains, et végétariens, aux écoles.

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