Pourboire : pourquoi est-il si peu répandu en France ?

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Le pourboire est moins répandu en France qu'à l'étranger.
Le pourboire est moins répandu en France qu'à l'étranger.
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© Adobe Stock, Martin Schütz

Alors qu'à l'étranger, il est souvent mal vu de ne pas laisser de pourboire, notamment au restaurant, en France, cette habitude est moins répandue. Les Français seraient-ils plus radins que les autres ?

Selon un sondage réalisé par l'agence de voyages Directours en 2017, sur 522 internautes français interrogés, 96% affirment laisser un pourboire lorsqu'ils sont en vacances. Mais dans la réalité, les choses seraient différentes. Au Figaro, la même année, Hervé Becam, le vice-prisent de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) indiquait : "Nous n'avons pas de chiffres précis mais nous faisons le constat d'une raréfaction des pourboires." Un changement qu'il imputait au développement des règlements par carte bancaire, les clients ayant alors de moins en moins de monnaie sur eux.

Interrogé la même année par Le Parisien, Geoffrey, le gérant de la brasserie parisienne Le Paname, confirmait cette théorie. Ainsi, alors qu'il lui arrivait de doubler son salaire au début de sa carrière lorsqu'il était serveur, ses employés ne touchent désormais que 400€ en moyenne de plus par mois grâce aux pourboires.

Les étrangers plus généreux que les Français

D'autant plus que, même quand les clients français laissent quelque chose, ils seraient bien moins généreux que les clients étrangers. Lorsque Ouest France a interrogé des serveurs des restaurants des Sables-d'Olonne en 2017, ces derniers ont été formels. "Les Anglais lâchent pas mal de 'tips'. En gros, entre 10 et 20€. Ils y sont habitués, puisque chez eux, le service n'est pas compris dans la note", indiquait Jérome, serveur au César et Rosalie. Idem pour le patron des Régates : "Les gens laissent environ 5% de la note en pourboire, 10% quand ce sont des étrangers."

Et pour cause, le portail de l'Économie du gouvernement français l'indique clairement : le pourboire est une pratique "obligatoire dans certains pays, mais facultative en France", même s'il reste traditionnel dans le cas de certains corps de métier, comme dans les restaurants ou les théâtres. Ainsi, contrairement aux États-Unis, par exemple, où le service n'est pas compris dans le prix affiché, les employés français en contact avec la clientèle perçoivent un salaire minimum garanti de la part de leur employeur et ce, même dans le cas où le pourboire constitue leur seule rémunération. Si la somme de leurs pourboires est inférieure au Smic ou au minimum conventionnel, c'est alors l'employeur qui se charge de leur verser la différence.

Quelles solutions ?

Afin de pallier à cette baisse de revenu, Hervé Becam, toujours au Figaro, confiait que l'Umih réfléchissait à une façon d'inciter les clients à laisser plus régulièrement des pourboires : "On essaie de trouver un système différent en regardant ce qui se fait ailleurs. Et si nécessaire, il faudra modifier la loi." Mais pas question, pour lui, de rendre cela obligatoire : "On travaille sur la manière d'initier un cercle vertueux pour nos salariés."

Une opinion partagée par d'autres professionnels de la restauration. "Pour moi, le pourboire est un bonus, une sorte de jeu que l'on joue avec le client. Le rendre obligatoire enlèverait le charme du geste. Je préfère que quelqu'un me laisse un pourboire parce qu'il a apprécié le service et ma compagnie", confiait Benoit, un serveur parisien au quotidien.

En attendant, sachez qu'il est généralement de mise de laisser 5% de la note de pourboire en France, tandis qu'aux États-Unis et au Canada, ce pourcentage est plutôt de 15 à 20%.

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