Peut-on vraiment cloner son animal de compagnie ?

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Cloner des chiens ou des chats est aujourd'hui techniquement possible.
Cloner des chiens ou des chats est aujourd'hui techniquement possible.
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© iStock, Dixi_

Depuis la naissance de la brebis Dolly en 1996, la science du clonage a grandement évolué. Mais en est-on arrivé au stade de pouvoir reproduire nos animaux de compagnie à l'identique ? Le point sur les avancées scientifiques et sur la législation à ce sujet.

En 1996 à Édimbourg naissait Dolly, le premier mammifère cloné de l'histoire à partir d'une cellule adulte. En 2005, à Séoul, Snuppy devenait le premier chien conçu par clonage. Depuis, d'autres animaux (chevaux, cochons, singes, dromadaire...) sont nés de la même manière. Et à chaque fois, la pratique suscite la controverse aussi bien pour ses aspects éthiques que pour ses possibles utilisations futures sur des êtres humains.

Des entreprises spécialisées dans le clonage de chiens

Malgré tout, la science avance dans ce domaine et certaines entreprises se sont emparées de ces connaissances pour mettre en place de véritables business. Et ce principalement aux États-Unis et en Corée du Sud puisqu'en Europe, le clonage d'animaux domestiques ou d'animaux d'élevage est strictement interdit depuis 2013. Jouant sur les liens affectifs qui unissent les hommes à leur chat ou leur chien, ces sociétés proposent de cloner des animaux de compagnie. Un procédé utilisé par exemple par la chanteuse américaine Barbra Streisand, comme elle l'avait révélé en février 2018. En effet, avant que sa chienne Samantha ne décède, elle avait fait prélever des cellules provenant de sa gueule et de son estomac dans le but de la faire cloner. Et elle l'a même fait deux fois, donnant ainsi vie à Miss Scarlett et Miss Violet.

Un taux de réussite très faible

Les entreprises ViaGent Pets aux États-Unis et encore Sooam Biotech en Corée du Sud proposent un tel service pour un coût allant de 50 000 à 100 000 euros par bête. Le clonage d'animal de compagnie n'est donc pas à la portée de toutes les bourses. Mais si les tarifs sont aussi élevés, c'est avant tout parce que la technique est complexe et connaît de nombreux échecs.

En effet, pour cloner un animal, il faut prélever de son ADN lors de son vivant ou rapidement après son décès. Cet ADN est ensuite placé dans la cellule-oeuf vide (dont on a retiré le noyau) d'une femelle porteuse, puis soumis à des chocs électriques avant d'être placé dans l'utérus de l'animal porteur. À partir de là, de multiples complications peuvent survenir lors de la gestation ou après la naissance de l'animal cloné. Le taux de réussite pour un chien ou un chat avoisinant les 5%, obtenir un compagnon viable nécessite de développer beaucoup d'embryons.

Clone ne signifie pas copie conforme

Si cloner son animal de compagnie reste une pratique compliquée, coûteuse et interdite dans de nombreux pays, dont la France, nos connaissances scientifiques actuelles la rendent donc tout à fait possible, en théorie. Néanmoins, il faut savoir que cloner son fidèle compagnon ne permet pas d'en obtenir une copie conforme. "Nous nous limitons à copier le patrimoine génétique, soulignait Jae Woong Wang, chercheur au sein de Sooam Biotech, en janvier 2019 auprès du média belge RTBF. Nous n'avons aucune prise sur la taille, les particularités physiques du chien. Encore moins le caractère, la personnalité. La copie est loin d'être exacte à 100%. Parfois, ce n'est pas toujours le même chien."

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